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    <title>covid &amp;mdash; sknob’s fediblog</title>
    <link>https://noblogo.org/sknob/tag:covid</link>
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    <pubDate>Mon, 27 Apr 2026 01:01:29 +0000</pubDate>
    <item>
      <title>Éthiquette ?</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/ethiquette</link>
      <description>&lt;![CDATA[#billet #oisivetéRadicale #fedivers&#xA;&#xA;Quand je dois faire des choix, petits ou grands, je les catégorise schématiquement dans ma petite tête de la manière suivante : &#xA;&#xA;Sur un continuum éthique/pas(t)éthique (ou bien/mal, moral/immoral, etc.)&#xA;Sur un continuum pratique/pas pratique, chiant/commode (ou difficile/facile, désagréable/agréable, douloureux/indolore, coûteux/pas coûteux, etc. En anglais, je dirais convenient/inconvenient).&#xA;&#xA;On peut bien sûr avoir des avis différents sur ce qui est bien ou mal ou entre les deux, et trouver certains choix plus ou moins contraignants, douloureux, coûteux, etc.&#xA;&#xA;Et avant qu’on ne m’allume, je parle bien de situations où on a le choix, de la marge de manœuvre, ce qui est souvent un privilège (de classe, de genre, d’origine, etc.).&#xA;&#xA;Or donc je me représente les choix de la façon suivante : &#xA;&#xA;Graphique dessiné. L’axe vertical représente la commodité et l’axe horizontal représente l’éthique. Dans le quadrant supérieur gauche (commode et peu éthique), on a la légende lâche. Dans le quadrant inférieur gauche (peu commode et peu éthique), on a la légende Stupide. Dans le quadrant supérieur droit (commode et éthique), on a la légende Normal. Et dans le quadrant inférieur droit (peu commode et éthique), on a la légende Courageux.&#xA;!--more--&#xA;Faire un choix pas éthique et pratique, c’est une compromission&#xA;Faire un choix pas éthique et chiant, c’est stupide&#xA;Faire un choix éthique et pratique, c’est la moindre des choses&#xA;Faire un choix éthique et chiant, c’est courageux&#xA;&#xA;Mais sortons de la théorie et voyons ça en pratique.&#xA;&#xA;Bouffe&#xA;&#xA;Graphique dessiné. L’axe vertical représente le pratique et l’axe horizontal représente l’éthique. En haut à gauche, on a un emoji steak, au milieu, on a un emoji œuf et un emoji fromage, et en bas à droite, on a un emoji brocoli.&#xA;&#xA;Je suis végétarien. Pour plein de raisons, ça ne m’a demandé que très peu d’effort, donc un choix 3 (plutôt éthique et commode, donc assez normal). Mais pour un carniste qui adore la viande et qui voudrait s’en passer par souci environnemental ou antispéciste, ce serait un choix 4 (plutôt éthique et difficile/coûteux/chiant/douloureux, donc plutôt courageux). Et même si j’aimerais bien arrêter les œufs et le fromage pour les mêmes raisons, je ne l’ai pas (encore) fait alors que rien ne m’en empêche, et je tombe donc dans le choix 1 (plutôt lâche).&#xA;&#xA;Réseaux sociaux&#xA;&#xA;Graphique dessiné. L’axe vertical représente le pratique et l’axe horizontal représente l’éthique. En haut à gauche, on a le logo de X et le logo de BlueSky, et en bas à droite, on a le logo du Fedivers.&#xA;&#xA;C’est sûrement l’exode de TwiX qui me refait penser à tout ça.&#xA;&#xA;Rester deux ans sur un réseau qui promeut agressivement les idées d’extrême droite quand on est de gauche, est-ce éthique ? Ne participe-t-on pas à légitimer et à banaliser le fascisme ? Ne contribue-t-on pas de la valeur au réseau ? N’alimente-t-on pas les algorithmes qui se nourrissent du clash ? Ne donne-t-on pas trop de visibilité aux takes pourries en mordant à l’hameçon à chaque provoc ?&#xA;&#xA;On est quelques-un·e·s à avoir quitté le navire lorsque Musk a racheté Twitter pour se retrouver sur Mastodon et le #fedivers, mais combien de gauchistes et de médias de gauche et d’extrême gauche n’ont pas semblé se poser la question de rester ou de partir ?&#xA;&#xA;Dans mon monde rêvé, ils seraient partis depuis longtemps, et ils auraient quitté la sphère marchande et le capitalisme de surveillance pour s’installer sur un réseau non commercial, décentralisé et autogéré. Ça leur aurait coûté un peu d’effort et de temps d’adaptation, mais ils auraient pu réconcilier leurs discours et leurs actes.&#xA;&#xA;Maintenant que Musk est futur ministre, les gens se barrent sur #BlueSky, ce qui est indubitablement le bon choix si on ne veut pas s’emmerder, et ne semblent pas se soucier de qui contrôle ou finance ce réseau (spoiler, c’est des fascistes), ou du moins ils évacuent parfois cette considération avec une facilité déconcertante.&#xA;&#xA;Alors que pour moi, même si on ignore ses accointances nazies (ce qui m’est impossible), aller sur BlueSky, c’est au moins un choix 1 (une grosse compromission) et peut-être même un choix 2 (une grosse connerie).&#xA;&#xA;Covid&#xA;&#xA;Graphique dessiné. L’axe vertical représente le pratique et l’axe horizontal représente l’éthique. En haut à gauche, on a un emoji de personne qui se cache les yeux, au milieu, on a un emoji seringue, et en bas à droite, on a un emoji de bonhomme masqué&#xA;&#xA;Enfin, prenons le #covid et le port du masque. Si on évalue le port du masque en se limitant à l’axe chiant/commode, ben c’est facile : on n’en porte pas. Si l’on prend en compte le risque de tomber malade, le choix est un peu plus tendu. Si l’on prend en compte la réalité du fonctionnement et de la circulation du virus et ses conséquences potentiellement graves pour soi, le choix devient plus compliqué. &#xA;&#xA;Mais si l’on introduit une dimension éthique, et que l’on prend en compte le fait que l’on condamne d’autres gens (que l’on rejoindra inévitablement un jour) à se cloîtrer pour éviter de mourir trop tôt, ne pas porter de masque, je trouve ça carrément dégueulasse.&#xA;&#xA;Et donc ?&#xA;  &#xA;(Je crois que) c’est là où je veux en venir : j’ai l’impression, à tort ou à raison, je n’en sais rien, que la majorité des gens que je connais de près ou de loin, qui sont généralement ni de droite ni totalement clueless et plutôt bienveillants, ne prennent pas réellement en compte cette dimension éthique dans leurs choix. Quant aux gens militants, j’ai trop souvent l’impression qu’ils confondent choix éthique avec intérêt politique.&#xA;&#xA;Et si cette interrogation m’obsède depuis aussi longtemps, c’est parce je pense que la prise en compte de cette dimension éthique nous aurait épargné bien des souffrances et bien des outrances, et qu’elle serait la condition préalable nécessaire mais insuffisante pour éviter le pire du pire, dans à peu près tous les domaines.&#xA;&#xA;Ou comme je l’ai pouété sur le #fedivers derrière un Content Warning :&#xA;&#xA;  Je suis intimement persuadé que toutes nos petites compromissions (et je m’inclus dedans) mises bout à bout pèsent lourd dans la merdification du monde.]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:billet" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">billet</span></a> <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> <a href="/sknob/tag:fedivers" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">fedivers</span></a></p>

<p>Quand je dois faire des choix, petits ou grands, je les catégorise schématiquement dans ma petite tête de la manière suivante :</p>
<ul><li>Sur un continuum éthique/pas(t)éthique (ou bien/mal, moral/immoral, etc.)</li>
<li>Sur un continuum pratique/pas pratique, chiant/commode (ou difficile/facile, désagréable/agréable, douloureux/indolore, coûteux/pas coûteux, etc. En anglais, je dirais <em>convenient/inconvenient</em>).</li></ul>

<p>On peut bien sûr avoir des avis différents sur ce qui est bien ou mal ou entre les deux, et trouver certains choix plus ou moins contraignants, douloureux, coûteux, etc.</p>

<p><em>Et avant qu’on ne m’allume, je parle bien de situations où on a le choix, de la marge de manœuvre, ce qui est souvent un privilège (de classe, de genre, d’origine, etc.).</em></p>

<p>Or donc je me représente les choix de la façon suivante :</p>

<p><img src="https://sknob.fr/img/blog/ethiquette01.1.jpg" alt="Graphique dessiné. L’axe vertical représente la commodité et l’axe horizontal représente l’éthique. Dans le quadrant supérieur gauche (commode et peu éthique), on a la légende lâche. Dans le quadrant inférieur gauche (peu commode et peu éthique), on a la légende Stupide. Dans le quadrant supérieur droit (commode et éthique), on a la légende Normal. Et dans le quadrant inférieur droit (peu commode et éthique), on a la légende Courageux.">

1. Faire un choix pas éthique et pratique, c’est une compromission
2. Faire un choix pas éthique et chiant, c’est stupide
3. Faire un choix éthique et pratique, c’est la moindre des choses
4. Faire un choix éthique et chiant, c’est courageux</p>

<p>Mais sortons de la théorie et voyons ça en pratique.</p>

<h3 id="bouffe">Bouffe</h3>

<p><img src="https://sknob.fr/img/blog/ethiquette02.1.jpg" alt="Graphique dessiné. L’axe vertical représente le pratique et l’axe horizontal représente l’éthique. En haut à gauche, on a un emoji steak, au milieu, on a un emoji œuf et un emoji fromage, et en bas à droite, on a un emoji brocoli."></p>

<p>Je suis végétarien. Pour plein de raisons, ça ne m’a demandé que très peu d’effort, donc un choix 3 (plutôt éthique et commode, donc assez normal). Mais pour un carniste qui adore la viande et qui voudrait s’en passer par souci environnemental ou antispéciste, ce serait un choix 4 (plutôt éthique et difficile/coûteux/chiant/douloureux, donc plutôt courageux). Et même si j’aimerais bien arrêter les œufs et le fromage pour les mêmes raisons, je ne l’ai pas (encore) fait alors que rien ne m’en empêche, et je tombe donc dans le choix 1 (plutôt lâche).</p>

<h3 id="réseaux-sociaux">Réseaux sociaux</h3>

<p><img src="https://sknob.fr/img/blog/ethiquette03.1.jpg" alt="Graphique dessiné. L’axe vertical représente le pratique et l’axe horizontal représente l’éthique. En haut à gauche, on a le logo de X et le logo de BlueSky, et en bas à droite, on a le logo du Fedivers."></p>

<p>C’est sûrement l’exode de TwiX qui me refait penser à tout ça.</p>

<p>Rester deux ans sur un réseau qui promeut agressivement les idées d’extrême droite quand on est de gauche, est-ce éthique ? Ne participe-t-on pas à légitimer et à banaliser le fascisme ? Ne contribue-t-on pas de la valeur au réseau ? N’alimente-t-on pas les algorithmes qui se nourrissent du clash ? Ne donne-t-on pas trop de visibilité aux takes pourries en mordant à l’hameçon à chaque provoc ?</p>

<p>On est quelques-un·e·s à avoir quitté le navire lorsque Musk a racheté Twitter pour se retrouver sur Mastodon et le <a href="/sknob/tag:fedivers" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">fedivers</span></a>, mais combien de gauchistes et de médias de gauche et d’extrême gauche n’ont pas semblé se poser la question de rester ou de partir ?</p>

<p>Dans mon monde rêvé, ils seraient partis depuis longtemps, et ils auraient quitté la sphère marchande et le capitalisme de surveillance pour s’installer sur un réseau non commercial, décentralisé et autogéré. Ça leur aurait coûté un peu d’effort et de temps d’adaptation, mais ils auraient pu réconcilier leurs discours et leurs actes.</p>

<p>Maintenant que Musk est futur ministre, les gens se barrent sur <a href="/sknob/tag:BlueSky" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">BlueSky</span></a>, ce qui est indubitablement le bon choix si on ne veut pas s’emmerder, et ne semblent pas se soucier de qui contrôle ou finance ce réseau (spoiler, <a href="https://mamot.fr/@sknob/113522224939093285" rel="nofollow">c’est des fascistes</a>), ou du moins ils évacuent parfois cette considération avec une facilité déconcertante.</p>

<p>Alors que pour moi, même si on ignore ses accointances nazies (ce qui m’est impossible), aller sur BlueSky, c’est au moins un choix 1 (une grosse compromission) et peut-être même un choix 2 (une grosse connerie).</p>

<h3 id="covid">Covid</h3>

<p><img src="https://sknob.fr/img/blog/ethiquette04.1.jpg" alt="Graphique dessiné. L’axe vertical représente le pratique et l’axe horizontal représente l’éthique. En haut à gauche, on a un emoji de personne qui se cache les yeux, au milieu, on a un emoji seringue, et en bas à droite, on a un emoji de bonhomme masqué"></p>

<p>Enfin, prenons le <a href="/sknob/tag:covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">covid</span></a> et le port du masque. Si on évalue le port du masque en se limitant à l’axe chiant/commode, ben c’est facile : on n’en porte pas. Si l’on prend en compte le risque de tomber malade, le choix est un peu plus tendu. Si l’on prend en compte la réalité du fonctionnement et de la circulation du virus et ses conséquences potentiellement graves pour soi, le choix devient plus compliqué.</p>

<p>Mais si l’on introduit une dimension éthique, et que l’on prend en compte le fait que l’on condamne d’autres gens (que l’on rejoindra inévitablement un jour) à se cloîtrer pour éviter de mourir trop tôt, ne pas porter de masque, je trouve ça carrément dégueulasse.</p>

<h3 id="et-donc">Et donc ?</h3>

<p>(Je crois que) c’est là où je veux en venir : j’ai l’impression, à tort ou à raison, <em>je n’en sais rien</em>, que la majorité des gens que je connais de près ou de loin, qui sont généralement ni de droite ni totalement clueless et plutôt bienveillants, ne prennent pas <em>réellement</em> en compte cette dimension éthique dans leurs choix. Quant aux gens militants, j’ai trop souvent l’impression qu’ils confondent choix éthique avec intérêt politique.</p>

<p>Et si cette interrogation m’obsède depuis aussi longtemps, c’est parce je pense que la prise en compte de cette dimension éthique nous aurait épargné bien des souffrances et bien des outrances, et qu’elle serait la condition préalable nécessaire mais <em>insuffisante</em> pour éviter le pire du pire, dans à peu près tous les domaines.</p>

<p>Ou comme <a href="https://mamot.fr/@sknob/113502758265091644" rel="nofollow">je l’ai pouété</a> sur le <a href="/sknob/tag:fedivers" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">fedivers</span></a> derrière un <em>Content Warning</em> :</p>

<blockquote><p>Je suis intimement persuadé que toutes nos petites compromissions (et je m’inclus dedans) mises bout à bout pèsent lourd dans la merdification du monde.</p></blockquote>
]]></content:encoded>
      <guid>https://noblogo.org/sknob/ethiquette</guid>
      <pubDate>Fri, 22 Nov 2024 10:35:47 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Oisiveté radicale de confort ?</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/oisivete-radicale-de-confort</link>
      <description>&lt;![CDATA[#billet #oisivetéRadicale #feuilleton&#xA;&#xA;Si vous avez lu l’épisode précédent de cette série, je vous vois venir, à confondre #oisivetéRadicale et loi du moindre effort. &#xA;&#xA;Alors c’est vrai que pour une personne radicalement oisive, faire compliqué quand on peut faire simple, c’est un grand non.&#xA;&#xA;Mais il faut faire la différence entre ce qui est inutilement compliqué dans l’absolu (comme faire cinq allers-retours quand on pourrait n’en faire qu’un seul), et ce qui est « inutilement » compliqué parce qu’allant à contresens de la société.&#xA;&#xA;Prenons un exemple concret. &#xA;!--more-- &#xA;Je suis devenu végétarien. Ça ne m’a demandé que peu d’effort, parce que j’ai toujours aimé les cuisines méditerranéennes, moyen-orientales, indiennes et asiatiques aux vastes répertoires décharnés si j’ose dire. Je n’ai donc aucune nostalgie de la chair animale, car je peux continuer à cuisiner et manger l’essentiel de ce que j’aime cuisiner et manger.&#xA;&#xA;En revanche, ce qui est compliqué, en France en tout cas, c’est qu’il faut oublier la plupart des restos, bistrots et cafés (sauf à aimer la laitue en sachet facturée au prix du filet mignon). Mais surtout, c’est qu’on se retrouve vite en délicatesse socialement. Ça emmerde ou désarçonne les gens quand on ne mange pas comme tout le monde, c’est connoté socioculturellement (spèce de bobo) ou ça renvoie certaines personnes à leurs contradictions.&#xA;&#xA;Bref, ce n’est pas une situation confortable. &#xA;&#xA;Et c’est pareil dans plein d&#39;autres domaines. Ce n’est pas toujours simple d’être la seule personne masquée, de s’astreindre à ne manger que des légumes de saison qui n’ont pas fait des centaines ou des milliers de kilomètres, de boycotter les perroquets stochastiques, Amazon, Twitter/X, Facebook, Instagram, WhatsApp, Spotify (et de rémunérer directement les artistes), de limiter l’utilisation de la voiture, de renoncer à l’avion et au tourisme, et #oisivetéRadicale oblige, de se désintoxiquer du culte de la productivité, de l’efficience à tout prix, de la vitesse et de la gratification immédiate, de réapprendre à différer certains plaisirs et même à en sacrifier d’autres.&#xA;&#xA;A contrario, suivre le mouvement, même à reculons, se conformer in fine aux attentes de la société, que l’on soit révolté, résigné ou aliéné, ce ne serait pas plutôt ça, la solution de facilité, de moindre effort, de confort ? Car ce n’est pas très glorieux, avouons-le, quand on vit manifestement en idiocratie, quand ça nécessite de s’accorder ne serait-ce que tacitement sur des trucs manifestement faux (there is no alternative, le #covid c’est fini, onépuchénou), et surtout quand le mouvement en question nous mène inexorablement vers le dépassement des limites planétaires et la catastrophe climatique en passant par la case fascisme, c’est-à-dire vers un monde où le confort ne sera bientôt plus qu’un souvenir doux-amer.&#xA;&#xA;Alors certes, nous sommes des êtres sociaux, et refuser certaines compromissions quitte à prendre la société à rebrousse-poil, c’est risquer la réprobation voire la répudiation, même si personnellement, je ressens une solitude bien plus intense et douloureuse dans une foule qui fonce tête baissée (et sans masque) vers le précipice que seul dans ma cambrousse.&#xA;&#xA;Mais franchement, entre l’#oisivetéRadicale et le business as usual ou presque, quelle est la démarche la plus paresseuse ? La plus courageuse ? La plus confortable ?&#xA;&#xA;C’est qui les branleureuses ? span class=&#34;emoji&#34;🤭/span&#xA;&#xA;  De fait, Douggie a la conviction croissante que le plus grand défaut de l’espèce humaine, c’est sa tendance dévorante à prendre le consensus pour la vérité.&#xA;&#xA;  Richard Powers, L&#39;Arbre-Monde&#xA;&#xA;Helmut, le chat noir, allongé tranquillement au beau milieu d’une allée pavée. Ses yeux jaunes fixent l’objectif.&#xA;&#xA;---&#xA;En illimité&#xA;Compromis&#xA;Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !&#xA;Oisiveté radicale de confort ?]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:billet" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">billet</span></a> <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> <a href="/sknob/tag:feuilleton" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">feuilleton</span></a></p>

<p>Si vous avez lu <a href="quest-ce-que-loisivete-radicale" rel="nofollow">l’épisode précédent de cette série</a>, je vous vois venir, à confondre <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> et <em>loi du moindre effort</em>.</p>

<p>Alors c’est vrai que pour une personne radicalement oisive, faire compliqué quand on peut faire simple, c’est un grand <em>non</em>.</p>

<p>Mais il faut faire la différence entre ce qui est inutilement compliqué <em>dans l’absolu</em> (comme faire cinq allers-retours quand on pourrait n’en faire qu’un seul), et ce qui est « inutilement » compliqué parce qu’allant à contresens de la société.</p>

<p>Prenons un exemple concret.

Je suis devenu végétarien. Ça ne m’a demandé que peu d’effort, parce que j’ai toujours aimé les cuisines méditerranéennes, moyen-orientales, indiennes et asiatiques aux vastes répertoires décharnés si j’ose dire. Je n’ai donc aucune nostalgie de la chair animale, car je peux continuer à cuisiner et manger l’essentiel de ce que j’aime cuisiner et manger.</p>

<p>En revanche, ce qui est compliqué, en France en tout cas, c’est qu’il faut oublier la plupart des restos, bistrots et cafés (sauf à aimer la laitue en sachet facturée au prix du filet mignon). Mais surtout, c’est qu’on se retrouve vite en délicatesse <em>socialement</em>. Ça emmerde ou désarçonne les gens quand on ne mange pas <em>comme tout le monde</em>, c’est connoté socioculturellement (<em>spèce de bobo</em>) ou ça renvoie certaines personnes à leurs contradictions.</p>

<p>Bref, ce n’est pas une situation <em>confortable</em>.</p>

<p>Et c’est pareil dans plein d&#39;autres domaines. Ce n’est pas toujours simple d’être la seule personne masquée, de s’astreindre à ne manger que des légumes de saison qui n’ont pas fait des centaines ou des milliers de kilomètres, de boycotter les perroquets stochastiques, Amazon, Twitter/X, Facebook, Instagram, WhatsApp, Spotify (et de rémunérer directement les artistes), de limiter l’utilisation de la voiture, de renoncer à l’avion et au tourisme, et <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> oblige, de se désintoxiquer du <a href="quest-ce-que-loisivete-radicale" rel="nofollow">culte de la productivité</a>, de l’efficience à tout prix, de la vitesse et de la gratification immédiate, de réapprendre à différer certains plaisirs et même à en sacrifier d’autres.</p>

<p>A contrario, suivre le mouvement, même à reculons, se conformer in fine aux attentes de la société, que l’on soit révolté, résigné ou aliéné, ce ne serait pas plutôt ça, la solution de facilité, de moindre effort, <em>de confort</em> ? Car ce n’est pas très glorieux, avouons-le, quand on vit manifestement en idiocratie, quand ça nécessite de s’accorder ne serait-ce que tacitement sur des trucs manifestement faux (<em>there is no alternative</em>, <em>le <a href="/sknob/tag:covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">covid</span></a> c’est fini</em>, <a href="dessin" rel="nofollow"><em>onépuchénou</em></a>), et surtout quand le mouvement en question nous mène inexorablement vers le <a href="en-illimite" rel="nofollow">dépassement des limites planétaires</a> et la catastrophe climatique en passant par la case fascisme, c’est-à-dire vers un monde où le confort ne sera bientôt plus qu’un souvenir doux-amer.</p>

<p>Alors certes, nous sommes des êtres sociaux, et refuser certaines <a href="compromis" rel="nofollow">compromissions</a> quitte à prendre la société à rebrousse-poil, c’est risquer la réprobation voire la répudiation, même si personnellement, je ressens une solitude bien plus intense et douloureuse dans une foule qui fonce tête baissée (et sans masque) vers le précipice que seul dans ma cambrousse.</p>

<p>Mais franchement, entre l’<a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> et le <em>business as usual</em> ou presque, quelle est la démarche la plus paresseuse ? La plus courageuse ? La plus <em>confortable</em> ?</p>

<p>C’est qui les branleureuses ? <span class="emoji">🤭</span></p>

<blockquote><p>De fait, Douggie a la conviction croissante que le plus grand défaut de l’espèce humaine, c’est sa tendance dévorante à prendre le consensus pour la vérité.</p>

<p>Richard Powers, L&#39;Arbre-Monde</p></blockquote>

<p><img src="https://sknob.fr/img/blog/helmut.jpg" alt="Helmut, le chat noir, allongé tranquillement au beau milieu d’une allée pavée. Ses yeux jaunes fixent l’objectif."></p>

<hr>
<ol><li><a href="en-illimite" rel="nofollow">En illimité</a></li>
<li><a href="compromis" rel="nofollow">Compromis</a></li>
<li><a href="quest-ce-que-loisivete-radicale" rel="nofollow">Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !</a></li>
<li><em>Oisiveté radicale de confort ?</em></li></ol>
]]></content:encoded>
      <guid>https://noblogo.org/sknob/oisivete-radicale-de-confort</guid>
      <pubDate>Sun, 01 Sep 2024 11:08:02 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>🎵 Bas les masques</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/bas-les-masques</link>
      <description>&lt;![CDATA[#song #music #chanson #musique&#xA;&#xA;Puisque « le #Covid, c’est fini », je me devais de clore mon album Gestes barrières en beauté ! &#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;C’est chose faite avec Bas les masques !&#xA;&#xA;Bas les masques sur mon site de musique&#xA;Bas les masques en haute def sur Bandcamp (où vous pouvez aussi l’acheter à prix libre)&#xA;Bas les masques sur mon site Faircamp]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:song" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">song</span></a> <a href="/sknob/tag:music" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">music</span></a> <a href="/sknob/tag:chanson" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">chanson</span></a> <a href="/sknob/tag:musique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">musique</span></a></p>

<p>Puisque « le <a href="/sknob/tag:Covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Covid</span></a>, c’est fini », je me devais de clore mon album <a href="https://vincentknobil.bandcamp.com/album/gestes-barri-res" rel="nofollow">Gestes barrières</a> en beauté !</p>



<p>C’est chose faite avec <a href="https://sknob.fr/music/?baslesmasques" rel="nofollow">Bas les masques</a> !</p>
<ul><li><em>Bas les masques</em> sur mon site de musique</li>
<li><em>Bas les masques</em> <a href="https://vincentknobil.bandcamp.com/track/bas-les-masques" rel="nofollow">en haute def sur Bandcamp</a> (où vous pouvez aussi l’acheter à prix libre)</li>
<li><em>Bas les masques</em> sur <a href="https://sknob.fr/faircamp/gestes-barrieres/" rel="nofollow">mon site Faircamp</a></li></ul>
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      <guid>https://noblogo.org/sknob/bas-les-masques</guid>
      <pubDate>Sat, 24 Jun 2023 17:36:13 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Malentendu musical</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/malentendu-musical</link>
      <description>&lt;![CDATA[#billet #musique&#xA;&#xA;Français | English&#xA;&#xA;J’aime écrire de la musique, mais je n’aime pas particulièrement en jouer. Je joue pour composer. Jouer est un moyen, pas une fin.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Pour la plupart des musiciens, une composition n’est qu’une occasion de jouer. Plus une composition est contraignante, plus ces musiciens sont contrariés. &#xA;&#xA;J’écris des chansons à texte, mais le texte aussi n’est qu’un moyen. Je trouve un sujet, ou j’ai envie d’exprimer une idée ou un sentiment, puis le texte suggère une mélodie et une rythmique, qui suggèrent à leur tour une harmonie, puis une structure se dégage. Il en résulte un objet musical, qui est la fin recherchée, car seule la #musique est parfois capable de me mettre les poils, quoi que raconte le texte, même lorsqu’il est chiadé et que j’en suis fier.&#xA;&#xA;Pendant des années, je composais sans vraiment maîtriser le moindre instrument. Période 4 pistes à cassette + orgue Casio + saxo, puis période ordi + clavier MIDI. Apprendre à jouer à peu près correctement de la guitare (rythmique, RAB des solos endiablés) m’a simplifié la vie, mais ne me procure de la joie que dans la mesure où ça me permet de composer et d’entendre un début de résultat plus rapidement et sans prothèses électroniques. La preuve : je ne joue et ne sais jouer que mes propres morceaux.&#xA;&#xA;Mais le fait d’être capable de les jouer entretient le malentendu.&#xA;&#xA;Dans la même veine, j’écris des chansons (je suis donc un songwriter), mais je n’aime pas spécialement chanter. Je pourrais essayer de trouver un chanteur ou une chanteuse, mais je sais pertinemment que les chansons que j’écris ne sont pas spécialement fun à chanter, puisqu’elles ne sont pas des prétextes à cela, et je n’ai donc pas envie d’imposer ça à une personne qui ne chante que pour le plaisir de chanter (et je n’ai pas envie de me payer les services d’un ou d’une mercenaire). &#xA;&#xA;Je considère que mes interprétations et enregistrements sont d’une qualité suffisante pour transmettre l’idée musicale et susciter du plaisir chez un public sensible à ce que charrie ma musique.&#xA;&#xA;En 2019, j’ai joué mes chansons « en live » avec un compère bête de scène. Il appréciait réellement mes morceaux, pour les raisons qui me tiennent à cœur, et c’est lui qui m’a convaincu de les jouer en public. Mais il n’a compris que tardivement que pour moi, c’était finalement plus une souffrance qu’un plaisir. Heureusement, le #Covid a mis fin à nos concerts, et une saleté de crabe vient de mettre brutalement fin à tout espoir de reformation des Bons Sauvages. Rock In Paradise, Éric. &#xA;&#xA;Tout ce qui précède explique clairement à mes yeux le succès relatif de ma musique (j’ai eu mes quarts d’heure de gloire). Elle plaît aux gens qui aiment mes textes (en s’en foutant plus ou moins de la musique), ou aux personnes qui aiment la musique pour la musique (et qui goûtent la mienne). Elle ne plaît pas aux gens pour qui la musique est un accessoire de mode ou un prétexte pour danser, ni aux snobs pour qui l’humour invalide le « sérieux de la démarche artistique ».&#xA;&#xA;Une personne qui pige et apprécie vraiment ce que j’ai tenté de faire vaut tous les likes et applaudissements anonymes du monde. J’ai la chance d’avoir deux de ces personnes dans ma vie (et d’en avoir croisé quelques autres au fil des ans). &#xA;&#xA;Je n’ai jamais essayé de gagner ma vie en faisant de la musique, pour plein de raisons, et je ne regrette absolument pas ce choix. Je n’ai jamais vraiment rêvé de renommée ni de foules (et de groupies) chavirées par mon immense génie. Dès mes débuts musicaux, mon fantasme absolu était qu’un ou une mécène anonyme me paie le gîte et le couvert, dans un endroit reculé, sans limite dans le temps ni obligation de résultat. &#xA;&#xA;Quelques décennies plus tard, je suis devenu, à peu près et à temps partiel, ce mécène. J’ai la chance d’avoir pu acheter une petite maison dans un endroit reculé, et de vivre chichement en ne consacrant qu’environ un mi-temps à un travail alimentaire (la traduction, une autre forme d’écriture créative). Un demi-fantasme absolu, c’est déjà pas mal, même si je n’ai plus l’énergie créative de mes vingt ans.]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:billet" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">billet</span></a> <a href="/sknob/tag:musique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">musique</span></a></p>

<p>Français | <a href="a-musical-misunderstanding" rel="nofollow">English</a></p>

<p>J’aime écrire de la <a href="https://sknob.fr/music/" rel="nofollow">musique</a>, mais je n’aime pas particulièrement en jouer. Je joue pour composer. Jouer est un moyen, pas une fin.</p>



<p>Pour la plupart des musiciens, une composition n’est qu’une occasion de jouer. Plus une composition est contraignante, plus ces musiciens sont contrariés.</p>

<p>J’écris des chansons à texte, mais le texte aussi n’est qu’un moyen. Je trouve un sujet, ou j’ai envie d’exprimer une idée ou un sentiment, puis le texte suggère une mélodie et une rythmique, qui suggèrent à leur tour une harmonie, puis une structure se dégage. Il en résulte un objet musical, qui est la fin recherchée, car seule la <a href="/sknob/tag:musique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">musique</span></a> est parfois capable de me mettre les poils, quoi que raconte le texte, même lorsqu’il est chiadé et que j’en suis fier.</p>

<p>Pendant des années, je composais sans vraiment maîtriser le moindre instrument. Période <a href="https://sknob.fr/music/?vv/salami" rel="nofollow">4 pistes à cassette + orgue Casio + saxo</a>, puis période <a href="https://sknob.fr/music/?ai/baby_viewing" rel="nofollow">ordi + clavier MIDI</a>. Apprendre à jouer à peu près correctement de la guitare (rythmique, RAB des solos endiablés) m’a simplifié la vie, mais ne me procure de la joie que dans la mesure où ça me permet de composer et d’entendre un début de résultat plus rapidement et sans prothèses électroniques. La preuve : je ne joue et ne sais jouer que mes propres morceaux.</p>

<p>Mais le fait d’être capable de les jouer entretient le malentendu.</p>

<p>Dans la même veine, j’écris des chansons (je suis donc un songwriter), mais je n’aime pas spécialement chanter. Je pourrais essayer de trouver un chanteur ou une chanteuse, mais je sais pertinemment que les chansons que j’écris ne sont pas spécialement fun à chanter, puisqu’elles ne sont pas des prétextes à cela, et je n’ai donc pas envie d’imposer ça à une personne qui ne chante que pour le plaisir de chanter (et je n’ai pas envie de me payer les services d’un ou d’une mercenaire).</p>

<p>Je considère que mes interprétations et enregistrements sont d’une qualité suffisante pour transmettre l’idée musicale et susciter du plaisir chez un public sensible à ce que charrie ma musique.</p>

<p>En 2019, j’ai joué mes chansons « en live » avec un compère bête de scène. Il appréciait réellement mes morceaux, pour les raisons qui me tiennent à cœur, et c’est lui qui m’a convaincu de les jouer en public. Mais il n’a compris que tardivement que pour moi, c’était finalement plus une souffrance qu’un plaisir. Heureusement, le <a href="/sknob/tag:Covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Covid</span></a> a mis fin à nos concerts, et une saleté de crabe vient de mettre brutalement fin à tout espoir de reformation des Bons Sauvages. Rock In Paradise, Éric.</p>

<p>Tout ce qui précède explique clairement à mes yeux le succès relatif de ma musique (j’ai eu mes quarts d’heure de gloire). Elle plaît aux gens qui aiment mes textes (en s’en foutant plus ou moins de la musique), ou aux personnes qui aiment la musique pour la musique (et qui goûtent la mienne). Elle ne plaît pas aux gens pour qui la musique est un accessoire de mode ou un prétexte pour danser, ni aux snobs pour qui l’humour invalide le « sérieux de la démarche artistique ».</p>

<p>Une personne qui pige et apprécie vraiment ce que j’ai tenté de faire vaut tous les likes et applaudissements anonymes du monde. J’ai la chance d’avoir deux de ces personnes dans ma vie (et d’en avoir croisé quelques autres au fil des ans).</p>

<p>Je n’ai jamais essayé de gagner ma vie en faisant de la musique, pour plein de raisons, et je ne regrette absolument pas ce choix. Je n’ai jamais vraiment rêvé de renommée ni de foules (et de groupies) chavirées par mon immense génie. Dès mes débuts musicaux, mon fantasme absolu était qu’un ou une mécène anonyme me paie le gîte et le couvert, dans un endroit reculé, sans limite dans le temps ni obligation de résultat.</p>

<p>Quelques décennies plus tard, je suis devenu, à peu près et à temps partiel, ce mécène. J’ai la chance d’avoir pu acheter une petite maison dans un endroit reculé, et de vivre chichement en ne consacrant qu’environ un mi-temps à un travail alimentaire (la traduction, une autre forme d’écriture créative). Un demi-fantasme absolu, c’est déjà pas mal, même si je n’ai plus l’énergie créative de mes vingt ans.</p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://noblogo.org/sknob/malentendu-musical</guid>
      <pubDate>Mon, 03 Apr 2023 04:08:24 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Mal informés</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/mal-informes</link>
      <description>&lt;![CDATA[#billet #covid&#xA;&#xA;On me répète à l’envi que si les gens ne font quasiment plus rien pour se protéger et protéger les autres contre le #Covid, c’est parce qu’ils sont mal informés.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Quand je dis « les gens », je ne parle pas des zinzins rougebruns et autres conspifafs, mais des autres, des gens « normaux », et même plus particulièrement de ceux qui se prétendent plus ou moins de gauche.&#xA;&#xA;Car malgré les injonctions contradictoires et la capitulation du gouvernement, la démission totale et honteuse des partis et organisations de gauche et la couverture souvent calamiteuse des médias (y compris indépendants et de gauche, coucou #Mediapart), j’ai la faiblesse de penser qu’à peu près tout le monde doté de plus de deux neurones (ce qui exclut les zinzins rougebruns et les conspifafs, on est d’accord) a capté que :&#xA;&#xA;Le #Covid est un virus,&#xA;Le #Covid est contagieux,&#xA;Le #Covid est dangereux, ne serait-ce que pour les personnes à risque, et même que&#xA;Porter une capote un masque permet de limiter la contagion.&#xA;&#xA;Il en découle que tous les arguments « rassuristes » et tous les comportements à risque sont indéfendables, sauf à invoquer son droit à faire ce que l’on veut en s’en foutant éperdument des conséquences pour les autres, bref, son droit à l’égoïsme, à l’eugénisme ou au nihilisme le plus décomplexé, les personnes à risque n’ayant qu’à choisir entre le confinement à vie et la peine de mort.&#xA;&#xA;On me rétorque parfois que tout le monde l’a eu, parfois plusieurs fois, en a plus ou moins chié, a survécu, et ne perçoit donc plus le #Covid comme un réel danger. Compte tenu des quatre points ci-dessus, que l’on sache ou non que le #Covid continue à tuer et à invalider (et selon des études récentes, à affaiblir durablement le système immunitaire de tous les contaminés qui seront les personnes à risque de demain #karma), il ne s’agit que d’un argument égoïste, eugéniste ou nihiliste de plus.&#xA;&#xA;On aura donc du mal à me convaincre que tous ces gens ne sont pas tout simplement de droite.&#xA;&#xA;On s’en fout de savoir s’ils sont bien ou mal informés. S’il s’avérait demain que le #Covid était un canular, ou même que les zinzins-conspi avaient raison sur toute la ligne depuis le début, ça ne changerait strictement rien au fait que dans le doute, ces gens « raisonnables » qui se disent de gauche ont craché à la gueule du principe de précaution pour éviter de porter le masque et continuer à aller boire des coups avec les potes, quitte à répandre un virus mortel.&#xA;&#xA;Pour terminer, et par souci de transparence, je tiens à confesser que j’aurais parié ma guitare préférée que le jour où le #Covid commencerait à toucher les enfants, et a fortiori les nourrissons, les gens redescendraient sur terre. Je me suis manifestement lourdement trompé, et vous pouvez en tirer les conclusions que vous voulez sur les gens de droite mes capacités d’analyse et la pertinence de tout ce qui précède.&#xA;&#xA;Quoi qu’il en soit, et comme il paraît qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, celles et ceux qui veulent sortir du déni et ne plus être de droite trouveront des tas d’informations utiles et sourcées sur des sites comme autodefensesanitaire.fr, nousaerons.fr ou encore chez Cabrioles Douze.&#xA;&#xA;Affichette On contamine comme on respire]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:billet" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">billet</span></a> <a href="/sknob/tag:covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">covid</span></a></p>

<p>On me répète à l’envi que si les gens ne font quasiment plus rien pour se protéger et protéger les autres contre le <a href="/sknob/tag:Covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Covid</span></a>, c’est parce qu’ils sont mal informés.</p>



<p>Quand je dis « les gens », je ne parle pas des <a href="https://sknob.fr/music/?zinzin" rel="nofollow">zinzins</a> rougebruns et autres conspifafs, mais des autres, des gens « normaux », et même plus particulièrement de ceux qui se prétendent plus ou moins de gauche.</p>

<p>Car malgré les injonctions contradictoires et la capitulation du gouvernement, la démission totale et honteuse des partis et organisations de gauche et la couverture souvent calamiteuse des médias (y compris indépendants et de gauche, coucou <a href="/sknob/tag:Mediapart" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Mediapart</span></a>), j’ai la faiblesse de penser qu’à peu près tout le monde doté de plus de deux neurones (ce qui exclut les zinzins rougebruns et les conspifafs, on est d’accord) a capté que :</p>
<ol><li>Le <a href="/sknob/tag:Covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Covid</span></a> est un virus,</li>
<li>Le <a href="/sknob/tag:Covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Covid</span></a> est contagieux,</li>
<li>Le <a href="/sknob/tag:Covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Covid</span></a> est dangereux, ne serait-ce que pour les personnes à risque, et même que</li>
<li>Porter <del>une capote</del> un masque permet de limiter la contagion.</li></ol>

<p>Il en découle que tous les arguments « rassuristes » et tous les comportements à risque sont indéfendables, sauf à invoquer son droit à faire ce que l’on veut en s’en foutant éperdument des conséquences pour les autres, bref, son droit à l’égoïsme, à l’eugénisme ou au nihilisme le plus décomplexé, les personnes à risque n’ayant qu’à choisir entre le confinement à vie et la peine de mort.</p>

<p>On me rétorque parfois que tout le monde l’a eu, parfois plusieurs fois, en a plus ou moins chié, a survécu, et ne perçoit donc plus le <a href="/sknob/tag:Covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Covid</span></a> comme un réel danger. Compte tenu des quatre points ci-dessus, que l’on sache ou non que le <a href="/sknob/tag:Covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Covid</span></a> continue à tuer et à invalider (et selon des études récentes, à affaiblir durablement le système immunitaire de tous les contaminés qui seront les personnes à risque de demain <a href="/sknob/tag:karma" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">karma</span></a>), il ne s’agit que d’un argument égoïste, eugéniste ou nihiliste de plus.</p>

<p>On aura donc du mal à me convaincre que tous ces gens ne sont pas tout simplement de droite.</p>

<p>On s’en fout de savoir s’ils sont bien ou mal informés. S’il s’avérait demain que le <a href="/sknob/tag:Covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Covid</span></a> était un canular, ou même que les zinzins-conspi avaient raison sur toute la ligne depuis le début, ça ne changerait strictement rien au fait que dans le doute, ces gens « raisonnables » qui se disent de gauche ont craché à la gueule du principe de précaution pour éviter de porter le masque et continuer à aller boire des coups avec les potes, quitte à répandre un virus mortel.</p>

<p>Pour terminer, et par souci de transparence, je tiens à confesser que j’aurais parié ma guitare préférée que le jour où le <a href="/sknob/tag:Covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Covid</span></a> commencerait à toucher les enfants, et a fortiori les nourrissons, les gens redescendraient sur terre. Je me suis manifestement lourdement trompé, et vous pouvez en tirer les conclusions que vous voulez sur <del>les gens de droite</del> mes capacités d’analyse et la pertinence de tout ce qui précède.</p>

<p>Quoi qu’il en soit, et comme il paraît qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, celles et ceux qui veulent sortir du déni et ne plus être de droite trouveront des tas d’informations utiles et sourcées sur des sites comme <a href="https://intempestive.net/autodefensesanitaire-fr" rel="nofollow">autodefensesanitaire.fr</a>, <a href="http://nousaerons.fr/" rel="nofollow">nousaerons.fr</a> ou encore chez <a href="https://cabrioles.substack.com/" rel="nofollow">Cabrioles Douze</a>.</p>

<p><img src="https://sknob.fr/img/illustrations/leravachol/oncontamine.png" alt="Affichette On contamine comme on respire"></p>
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      <guid>https://noblogo.org/sknob/mal-informes</guid>
      <pubDate>Thu, 26 Jan 2023 06:08:06 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Tu contamines comme tu respires</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/tu-contamines-comme-tu-respires</link>
      <description>&lt;![CDATA[#dessin #covid&#xA;&#xA;Affichette d’#autodéfenseSanitaire, à retrouver parmi bien d’autres infos et ressources, sur le site autodefensesanitaire.fr.&#xA;&#xA;À relayer sans modération. L’info n’est visiblement pas passée auprès de tout le monde (doux euphémisme).&#xA;&#xA;Affichette sur fond rouge. Dessin d’un chien assis à une table de café et qui exhale un nuage aérosol vert en parlant à une chatte debout accoudée à un bar. Légende : on contamine comme on respire ! Le Covid est aéroporté. Masquons-nous ! Aérons !&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;version en noir et blanc. Dessin d’un chien assis à une table de café et qui exhale un nuage aérosol en parlant à une chatte debout accoudée à un bar. Légende : on contamine comme on respire ! Le Covid est aéroporté. Masquons-nous ! Aérons !&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:dessin" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">dessin</span></a> <a href="/sknob/tag:covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">covid</span></a></p>

<p>Affichette d’<a href="/sknob/tag:autod%C3%A9fenseSanitaire" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">autodéfenseSanitaire</span></a>, à retrouver parmi bien d’autres infos et ressources, sur le site <a href="https://intempestive.net/autodefensesanitaire-fr" rel="nofollow">autodefensesanitaire.fr</a>.</p>

<p>À relayer sans modération. L’info n’est visiblement pas passée auprès de tout le monde (doux euphémisme).</p>

<p><img src="https://sknob.fr/img/illustrations/leravachol/oncontamine.jpg" alt="Affichette sur fond rouge. Dessin d’un chien assis à une table de café et qui exhale un nuage aérosol vert en parlant à une chatte debout accoudée à un bar. Légende : on contamine comme on respire ! Le Covid est aéroporté. Masquons-nous ! Aérons !"></p>



<p><img src="https://sknob.fr/img/illustrations/leravachol/oncontamine_nb.jpg" alt="version en noir et blanc. Dessin d’un chien assis à une table de café et qui exhale un nuage aérosol en parlant à une chatte debout accoudée à un bar. Légende : on contamine comme on respire ! Le Covid est aéroporté. Masquons-nous ! Aérons !"></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://noblogo.org/sknob/tu-contamines-comme-tu-respires</guid>
      <pubDate>Wed, 28 Dec 2022 20:01:15 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Entretien dans « Le Ravachol » de mai 2021</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/entretien-dans-le-ravachol-de-mai-2021</link>
      <description>&lt;![CDATA[#billet #musique&#xA;&#xA;Salut sknob, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots ? Depuis combien de temps fais-tu de la musique ?&#xA;&#xA;Bonjour. Je suis auteur-compositeur-interprète, dessinateur et traducteur franglophone, j’ai fait des détours par la création multimédia, et je fais de la #musique depuis environ quarante ans !&#xA;&#xA;autoportrait au pastel gras et à l’aquarelle&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Ton style musical est assez polyvalent, tu oscilles entre la chanson française sans tomber dans la soupe de variété, du rock et de l’électro voire du disco…&#xA;&#xA;Alors tout d’abord, je déteste le disco ! J’ai la double nationalité franco-américaine, j’ai grandi en Angleterre puis en Belgique, ce qui explique peut-être mon éclectisme. J’ai été bercé par le delta blues, les chansons de Sesame Street, les Beatles, Purcell, et la chanson française, de Brassens à Plastic Bertrand. Puis j’ai eu la chance de me trouver à Bruxelles au début des années 80 quand je me suis mis à la musique. C’était un carrefour musical particulièrement riche et stimulant à l’époque. Et les gens que je côtoyais étaient tous transgenres si j’ose dire. Les mêmes pouvaient jouer du punk, du jazz, du classique, des thés dansants, et mélanger toutes ces influences dans leurs compositions. Ça m’a donné une grande liberté de création. Encore aujourd’hui, je me laisse guider par la logique de ce que je crée au moment où je crée, sans me poser de questions sur ce qui est autorisé ou pas selon les canons de tel ou tel genre, et sans rien m’interdire, pas même la soupe, ni même le disco s’il le faut !&#xA;&#xA;Tu es assez prolifique, tu as déjà sorti pas mal d’albums qu’on peut tous écouter en ligne sur ton site. C’est une revendication de rendre tes morceaux en écoute libre ?&#xA;&#xA;Tout à fait. Quand j’étais jeune, j’empruntais des 33 tours au pif à la médiathèque et j’enregistrais ceux que j’aimais sur cassette, et ça m’a sacrément ouvert les oreilles. J’ai fait pareil sur les sites pirates quand le Web est arrivé, où je pouvais soudain publier mes morceaux et toucher un public planétaire ! J’ai eu un morceau numéro un pendant des semaines sur un site japonais. Et le jour où j’ai trouvé mes morceaux sur un site de bittorrent, j’étais ravi ! Quelle consécration ! Mais j’aime aussi les licences libres. Tu veux écouter mes trucs pour ton plaisir ou les utiliser pour une bonne cause ? Vas-y, sers-toi. Tu veux en inclure un dans ton blockbuster commercial ? À supposer que je sois d’accord, tu passes à la caisse.&#xA;&#xA;Tu chantes en français et c’est un truc assez exceptionnel car en général la chanson engagée française a vite fait de tomber dans le ridicule, c’est quoi ton secret ?&#xA;&#xA;Je chante en anglais et en français oui, selon l’inspiration et le sujet (j’ai la chance d’être bilingue de naissance). C’est vrai que je n’aime pas tellement les trucs militants trop rentre-dedans et premier degré, sans humour ou poésie au sens large, même si la chanson anglophone ne vole souvent pas beaucoup plus haut. Mais plus généralement, je trouve que souvent dans la chanson française, les mots sont mal posés sur la musique, avec des accents toniques artificiels sur les mauvais accents rythmiques. Ça me distrait et ça m’empêche de rentrer dans les morceaux.&#xA;&#xA;Mon secret, si j’en ai un, c’est que j’écris d’abord les mots, puis j’écoute leur musique, et ils me suggèrent une mélodie souvent polyrythmique pour accommoder le français, ce qui produit un résultat où si tout se passe bien, il n’y a pas de bras de fer entre paroles et musique. Elles ont l’air faites l’une pour l’autre. Pour ce qui est du fond, j’essaie de faire passer mon idée ou mon sentiment ou mon message de manière un peu drôle ou absurde ou subtile si possible, histoire que tout ne soit pas couru d’avance et que l’écoute réserve quelques surprises et qu’on ne s’ennuie pas.&#xA;&#xA;Alors engagé oui, bien à gauche c’est quelque chose qui apparaît des textes. Pour toi l’art doit être au service de la révolution ?&#xA;&#xA;À mon avis, l’art ne doit rien du tout. L’artiste a un besoin viscéral de s’exprimer, il s’adresse à un public ou une personne réelle ou imaginaire, et n’a pas de contrôle sur comment son art sera apprécié, détesté, ignoré, instrumentalisé, détourné. En revanche, je pense que l’art a un potentiel subversif et émancipateur intrinsèque, car sous couvert de proposer quelque chose d’agréable ou d’émouvant ou de stimulant ou de dérangeant, il oblige la personne qui s’y ouvre à percevoir le monde à travers le regard ou le vécu subjectif de quelqu’un d’autre, et donc à sortir d’elle-même, ce qui peut représenter un danger pour la paix sociale.&#xA;&#xA;Et puis l’artiste est par définition un être libre, au moment de créer du moins, ce qui en fait également un élément transgressif et donc potentiellement dangereux. C’est peut-être aussi pour ça qu’on les admire ou qu’on les jalouse souvent, alors qu’en fait, on est toutes et tous artistes à la naissance. Tous les enfants dessinent, chantent, inventent des histoires, des jeux, avant qu’on leur apprenne à rentrer dans le rang, à être sérieux, à cesser leurs enfantillages. Les artistes sont juste des enfants récalcitrants. Il ne faut pas les admirer, il faut les imiter !&#xA;&#xA;Comment est-ce que tu écris tes textes et produis tes morceaux ? Tu es seul à tout faire derrière ?&#xA;&#xA;Oui, je fais tout tout seul. Quand les premiers logiciels de MAO sont arrivés, je me suis précipité, parce que ça permettait de tout faire soi-même sans subir les ego parfois surdimensionnés de musiciens par ailleurs souvent paresseux (comme moi, je les comprends), et donc sans se brider créativement par égard pour eux. Et pour créer librement, il faut bannir son surmoi, ce qui est plus facile quand personne n’est là pour te juger quand tu pars dans ton délire. Donc j’écris d’abord les textes. Je fignole le premier jet pour éliminer tout ce qui me fait grincer un peu des dents à la lecture. Puis j’écris la musique, puis j’arrange et j’enregistre tout sur l’ordinateur, puis je mixe, ce qui est de loin la tâche la plus pénible.&#xA;&#xA;Quelles sont tes inspirations musicales et d’écriture ?&#xA;&#xA;Côté musique, j’aime les compositeurs qui arrivent à combiner humour, émotion, sophistication ou même complexité musicale, tout en étant accessibles en surface. Ça va donc d’Erik Satie à Kurt Weill à Carla Bley à Nino Rota à Frank Zappa aux Beatles, en passant par Aksak Maboul, Robert Wyatt, Danny Elfman, Albert Marcœur, The Residents, Snakefinger, Talking Heads, XTC, The B-52’s, The Lounge Lizards, Sparks, Philippe Katerine, Fiona Apple, The Divine Comedy, ou un peu plus récemment Aquaserge, Lemon Twigs, Deerhoof, King Gizzard… j’arrête et tu couperas si tu veux !…&#xA;&#xA;En revanche pour les textes, je ne me suis jamais trop posé la question ! Côté francophone, je pourrais citer Brassens, mais en fait ce que j’adore chez lui, c’est surtout la musique (si, si). Alors, disons les premiers Gainsbourg, Boris Vian, mais aussi Gotainer. Mais je pense que les anglophones m’influencent tout autant sinon plus, même quand j’écris en français.&#xA;&#xA;Tu joues aussi dans un duo, Les Bons Sauvages. Qu’est-ce que rajoute cette formation ?&#xA;&#xA;En arrivant dans mon village du Piémont Cévenol, j’ai discuté avec un voisin musicien, qui est allé écouter mes chansons et qui m’a proposé de les jouer live. Je prends plus de plaisir à écrire qu’à jouer, je ne cherche pas spécialement la lumière et l’adulation des groupies, mais j’ai dit oui. 30 ans que je n’avais pas fait de scène ! On a fait une dizaine de concerts avant que le #COVID ne vienne interrompre l’aventure.&#xA;&#xA;Ça m’a obligé à réduire les morceaux à leur plus simple expression, à travailler le souffle et surtout la guitare, et pour la première fois de ma vie musicale, je suis capable de m’émanciper des prothèses informatiques, ce qui ouvre de nouvelles perspectives, et sera pratique si les collapsologues ont raison et qu’on n’aura bientôt plus d’électricité. En tout cas ça colle avec l’idée de frugalité choisie plutôt que subie.&#xA;&#xA;Dans une industrie du disque de plus en plus difficile à pénétrer, comment distribues-tu tes albums ? Tu restes uniquement en format numérique ou on peut t’écouter en matériel ?&#xA;&#xA;Je n’ai jamais essayé de sortir des disques physiques. J’ai vécu l’avènement du home studio et du Web, qui permettait soudain de court-circuiter les maisons de disques, et de produire et distribuer du son de qualité, sans se ruiner, et sans être contraint artistiquement par leurs critères de rentabilité, sachant qu’au final, elles ne te reversent que des miettes, si tu as vendu assez d’albums pour leur rembourser les frais d’enregistrement. J’ai donc préféré m’auto produire, et vivre de l’écriture autrement, en faisant de la traduction. Donc on peut trouver à peu près tout ce que je crée gratuitement sur mes sites perso, et on peut en acheter à prix libre sur Bandcamp. Avis aux amateurs.&#xA;&#xA;En parlant de matériel, la situation actuelle n’est pas évidente pour les artistes qui ne peuvent plus se produire et donc vivre de leur travail…&#xA;&#xA;C’est terrible pour tous les métiers de la scène, comme pour tous les autres métiers durement touchés. Mais en amont de tout ça, le problème, c’est la logique du tout marchand, à laquelle la culture n’échappe pas. Pour moi, la création, c’est fondamentalement un jeu, pas un travail, et sa valeur pour la société n’a rien à voir avec sa contribution au PIB. Et c’est compliqué de prétendre faire de l’art engagé ou contestataire quand on est une marchandise comme une autre, ou qu’on est financé par l’État ou par de généreux mécènes fortunés qui sont soi-disant des ennemis à abattre… Et puis je ne vois pas au nom de quoi les artistes devraient échapper aux contraintes subies par les communs des mortels pour limiter les dégâts humains de la pandémie. Je ne vais pas postillonner sur un public au nom de mon besoin de m’exprimer en tant qu’artiste. Unpopular opinion, comme on dit sur Twitter…&#xA;&#xA;Comment parviens-tu à jongler entre le dessin et la musique en sachant que tu es assez productif pour les deux.&#xA;&#xA;C’est parfois assez chaud. Mais quand les muses se manifestent, ou quand le rédac-chef du Ravachol te rappelle que le bouclage approche, on ne négocie pas.&#xA;&#xA;As-tu un mot pour conclure notre entretien ?&#xA;&#xA;#Brocoli. Non, #Labrador.]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:billet" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">billet</span></a> <a href="/sknob/tag:musique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">musique</span></a></p>

<p><strong>Salut sknob, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots ? Depuis combien de temps fais-tu de la musique ?</strong></p>

<p>Bonjour. Je suis auteur-compositeur-interprète, dessinateur et traducteur franglophone, j’ai fait des détours par la création multimédia, et je fais de la <a href="/sknob/tag:musique" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">musique</span></a> depuis environ quarante ans !</p>

<p><img src="https://sknob.fr/img/illustrations/leravachol/LeRavachol_31.jpg" alt="autoportrait au pastel gras et à l’aquarelle"></p>



<p><strong>Ton style musical est assez polyvalent, tu oscilles entre la chanson française sans tomber dans la soupe de variété, du rock et de l’électro voire du disco…</strong></p>

<p>Alors tout d’abord, je déteste le disco ! J’ai la double nationalité franco-américaine, j’ai grandi en Angleterre puis en Belgique, ce qui explique peut-être mon éclectisme. J’ai été bercé par le delta blues, les chansons de Sesame Street, les Beatles, Purcell, et la chanson française, de Brassens à Plastic Bertrand. Puis j’ai eu la chance de me trouver à Bruxelles au début des années 80 quand je me suis mis à la musique. C’était un carrefour musical particulièrement riche et stimulant à l’époque. Et les gens que je côtoyais étaient tous transgenres si j’ose dire. Les mêmes pouvaient jouer du punk, du jazz, du classique, des thés dansants, et mélanger toutes ces influences dans leurs compositions. Ça m’a donné une grande liberté de création. Encore aujourd’hui, je me laisse guider par la logique de ce que je crée au moment où je crée, sans me poser de questions sur ce qui est autorisé ou pas selon les canons de tel ou tel genre, et sans rien m’interdire, pas même la soupe, ni même le disco s’il le faut !</p>

<p><strong>Tu es assez prolifique, tu as déjà sorti pas mal d’albums qu’on peut tous écouter en ligne sur ton site. C’est une revendication de rendre tes morceaux en écoute libre ?</strong></p>

<p>Tout à fait. Quand j’étais jeune, j’empruntais des 33 tours au pif à la médiathèque et j’enregistrais ceux que j’aimais sur cassette, et ça m’a sacrément ouvert les oreilles. J’ai fait pareil sur les sites pirates quand le Web est arrivé, où je pouvais soudain publier mes morceaux et toucher un public planétaire ! J’ai eu un morceau numéro un pendant des semaines sur un site japonais. Et le jour où j’ai trouvé mes morceaux sur un site de bittorrent, j’étais ravi ! Quelle consécration ! Mais j’aime aussi les licences libres. Tu veux écouter mes trucs pour ton plaisir ou les utiliser pour une bonne cause ? Vas-y, sers-toi. Tu veux en inclure un dans ton blockbuster commercial ? À supposer que je sois d’accord, tu passes à la caisse.</p>

<p><strong>Tu chantes en français et c’est un truc assez exceptionnel car en général la chanson engagée française a vite fait de tomber dans le ridicule, c’est quoi ton secret ?</strong></p>

<p>Je chante en anglais et en français oui, selon l’inspiration et le sujet (j’ai la chance d’être bilingue de naissance). C’est vrai que je n’aime pas tellement les trucs militants trop rentre-dedans et premier degré, sans humour ou poésie au sens large, même si la chanson anglophone ne vole souvent pas beaucoup plus haut. Mais plus généralement, je trouve que souvent dans la chanson française, les mots sont mal posés sur la musique, avec des accents toniques artificiels sur les mauvais accents rythmiques. Ça me distrait et ça m’empêche de rentrer dans les morceaux.</p>

<p>Mon secret, si j’en ai un, c’est que j’écris d’abord les mots, puis j’écoute leur musique, et ils me suggèrent une mélodie souvent polyrythmique pour accommoder le français, ce qui produit un résultat où si tout se passe bien, il n’y a pas de bras de fer entre paroles et musique. Elles ont l’air faites l’une pour l’autre. Pour ce qui est du fond, j’essaie de faire passer mon idée ou mon sentiment ou mon message de manière un peu drôle ou absurde ou subtile si possible, histoire que tout ne soit pas couru d’avance et que l’écoute réserve quelques surprises et qu’on ne s’ennuie pas.</p>

<p><strong>Alors engagé oui, bien à gauche c’est quelque chose qui apparaît des textes. Pour toi l’art doit être au service de la révolution ?</strong></p>

<p>À mon avis, l’art ne doit rien du tout. L’artiste a un besoin viscéral de s’exprimer, il s’adresse à un public ou une personne réelle ou imaginaire, et n’a pas de contrôle sur comment son art sera apprécié, détesté, ignoré, instrumentalisé, détourné. En revanche, je pense que l’art a un potentiel subversif et émancipateur intrinsèque, car sous couvert de proposer quelque chose d’agréable ou d’émouvant ou de stimulant ou de dérangeant, il oblige la personne qui s’y ouvre à percevoir le monde à travers le regard ou le vécu subjectif de quelqu’un d’autre, et donc à sortir d’elle-même, ce qui peut représenter un danger pour la paix sociale.</p>

<p>Et puis l’artiste est par définition un être libre, au moment de créer du moins, ce qui en fait également un élément transgressif et donc potentiellement dangereux. C’est peut-être aussi pour ça qu’on les admire ou qu’on les jalouse souvent, alors qu’en fait, on est toutes et tous artistes à la naissance. Tous les enfants dessinent, chantent, inventent des histoires, des jeux, avant qu’on leur apprenne à rentrer dans le rang, à être sérieux, à cesser leurs enfantillages. Les artistes sont juste des enfants récalcitrants. Il ne faut pas les admirer, il faut les imiter !</p>

<p><strong>Comment est-ce que tu écris tes textes et produis tes morceaux ? Tu es seul à tout faire derrière ?</strong></p>

<p>Oui, je fais tout tout seul. Quand les premiers logiciels de MAO sont arrivés, je me suis précipité, parce que ça permettait de tout faire soi-même sans subir les ego parfois surdimensionnés de musiciens par ailleurs souvent paresseux (comme moi, je les comprends), et donc sans se brider créativement par égard pour eux. Et pour créer librement, il faut bannir son surmoi, ce qui est plus facile quand personne n’est là pour te juger quand tu pars dans ton délire. Donc j’écris d’abord les textes. Je fignole le premier jet pour éliminer tout ce qui me fait grincer un peu des dents à la lecture. Puis j’écris la musique, puis j’arrange et j’enregistre tout sur l’ordinateur, puis je mixe, ce qui est de loin la tâche la plus pénible.</p>

<p><strong>Quelles sont tes inspirations musicales et d’écriture ?</strong></p>

<p>Côté musique, j’aime les compositeurs qui arrivent à combiner humour, émotion, sophistication ou même complexité musicale, tout en étant accessibles en surface. Ça va donc d’Erik Satie à Kurt Weill à Carla Bley à Nino Rota à Frank Zappa aux Beatles, en passant par Aksak Maboul, Robert Wyatt, Danny Elfman, Albert Marcœur, The Residents, Snakefinger, Talking Heads, XTC, The B-52’s, The Lounge Lizards, Sparks, Philippe Katerine, Fiona Apple, The Divine Comedy, ou un peu plus récemment Aquaserge, Lemon Twigs, Deerhoof, King Gizzard… j’arrête et tu couperas si tu veux !…</p>

<p>En revanche pour les textes, je ne me suis jamais trop posé la question ! Côté francophone, je pourrais citer Brassens, mais en fait ce que j’adore chez lui, c’est surtout la musique (si, si). Alors, disons les premiers Gainsbourg, Boris Vian, mais aussi Gotainer. Mais je pense que les anglophones m’influencent tout autant sinon plus, même quand j’écris en français.</p>

<p><strong>Tu joues aussi dans un duo, Les Bons Sauvages. Qu’est-ce que rajoute cette formation ?</strong></p>

<p>En arrivant dans mon village du Piémont Cévenol, j’ai discuté avec un voisin musicien, qui est allé écouter mes chansons et qui m’a proposé de les jouer live. Je prends plus de plaisir à écrire qu’à jouer, je ne cherche pas spécialement la lumière et l’adulation des groupies, mais j’ai dit oui. 30 ans que je n’avais pas fait de scène ! On a fait une dizaine de concerts avant que le <a href="/sknob/tag:COVID" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">COVID</span></a> ne vienne interrompre l’aventure.</p>

<p>Ça m’a obligé à réduire les morceaux à leur plus simple expression, à travailler le souffle et surtout la guitare, et pour la première fois de ma vie musicale, je suis capable de m’émanciper des prothèses informatiques, ce qui ouvre de nouvelles perspectives, et sera pratique si les collapsologues ont raison et qu’on n’aura bientôt plus d’électricité. En tout cas ça colle avec l’idée de frugalité choisie plutôt que subie.</p>

<p><strong>Dans une industrie du disque de plus en plus difficile à pénétrer, comment distribues-tu tes albums ? Tu restes uniquement en format numérique ou on peut t’écouter en matériel ?</strong></p>

<p>Je n’ai jamais essayé de sortir des disques physiques. J’ai vécu l’avènement du home studio et du Web, qui permettait soudain de court-circuiter les maisons de disques, et de produire et distribuer du son de qualité, sans se ruiner, et sans être contraint artistiquement par leurs critères de rentabilité, sachant qu’au final, elles ne te reversent que des miettes, si tu as vendu assez d’albums pour leur rembourser les frais d’enregistrement. J’ai donc préféré m’auto produire, et vivre de l’écriture autrement, en faisant de la traduction. Donc on peut trouver à peu près tout ce que je crée gratuitement sur mes sites perso, et on peut en acheter à prix libre sur Bandcamp. Avis aux amateurs.</p>

<p><strong>En parlant de matériel, la situation actuelle n’est pas évidente pour les artistes qui ne peuvent plus se produire et donc vivre de leur travail…</strong></p>

<p>C’est terrible pour tous les métiers de la scène, comme pour tous les autres métiers durement touchés. Mais en amont de tout ça, le problème, c’est la logique du tout marchand, à laquelle la culture n’échappe pas. Pour moi, la création, c’est fondamentalement un jeu, pas un travail, et sa valeur pour la société n’a rien à voir avec sa contribution au PIB. Et c’est compliqué de prétendre faire de l’art engagé ou contestataire quand on est une marchandise comme une autre, ou qu’on est financé par l’État ou par de généreux mécènes fortunés qui sont soi-disant des ennemis à abattre… Et puis je ne vois pas au nom de quoi les artistes devraient échapper aux contraintes subies par les communs des mortels pour limiter les dégâts humains de la pandémie. Je ne vais pas postillonner sur un public au nom de mon besoin de m’exprimer en tant qu’artiste. Unpopular opinion, comme on dit sur Twitter…</p>

<p><strong>Comment parviens-tu à jongler entre le dessin et la musique en sachant que tu es assez productif pour les deux.</strong></p>

<p>C’est parfois assez chaud. Mais quand les muses se manifestent, ou quand le rédac-chef du Ravachol te rappelle que le bouclage approche, on ne négocie pas.</p>

<p><strong>As-tu un mot pour conclure notre entretien ?</strong></p>

<p><a href="/sknob/tag:Brocoli" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Brocoli</span></a>. Non, <a href="/sknob/tag:Labrador" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">Labrador</span></a>.</p>
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      <guid>https://noblogo.org/sknob/entretien-dans-le-ravachol-de-mai-2021</guid>
      <pubDate>Tue, 06 Apr 2021 02:17:02 +0000</pubDate>
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