Les gens de gauche avec un beau capital culturel qui viennent te dire « ça suffit maintenant les juifves de gauche, fin de la récré, en rang deux par deux et je ne veux pas entendre moufter, y’a peut-être à la limite quelques brebis galeuses, mais #NotAllLFI », est-ce que vous mesurez la violence de vos propos ?
Billet écrit en juin 2024 et qui aurait peut-être dû rester dans mes brouillons…
Il est de bon ton de rappeler, à juste titre, que l’individualisme est au cœur du projet néolibéral. Chacun sa merde. Et l’eugénisme cool « post #covid » et la sauvegarde à tout prix de nos modes de vie quitte à se condamner collectivement à crever de chaud, de soif, de faim, noyés, cramés et/ou asphyxiés, sont des preuves parmi d’autres de l’hégémonie de cette charmante mentalité.
À gauche, l’individualisme est donc un gros mot, et individualiste une insulte. Mais si la gauche conspue l’individualisme et prône la solidarité et le collectif, le décalage entre le discours et les actes, entre la théorie et la pratique, est criant.
Et si vous avez lu les épisodes précédents de cette série, vous savez que ce décalage me disrupte le cerveau disponible.
Bitcher et s’indigner sur les RS, ça fait du bien, ça soulage, mais si ça pouvait freiner notre descente aux enfers, ça se saurait depuis le temps.
Je parle souvent de tous les trucs qu’il faudrait cesser de faire, par éthique, ou par souci du bien commun, ou par #oisivetéRadicale, mais aujourd’hui, je vais prêcher le contraire :
Lancé officiellement à la mi-février, NHAM a largement occupé mon début d’année. J’ai contribué à l’élaboration du site et je le co-anime depuis son lancement. C’est un projet à la fois artistique, éthique et communautaire qui ambitionne de faire le bien et du bien.
Quand je dois faire des choix, petits ou grands, je les catégorise schématiquement dans ma petite tête de la manière suivante :
Sur un continuum éthique/pas(t)éthique (ou bien/mal, moral/immoral, etc.)
Sur un continuum pratique/pas pratique, chiant/commode (ou difficile/facile, désagréable/agréable, douloureux/indolore, coûteux/pas coûteux, etc. En anglais, je dirais convenient/inconvenient).
On peut bien sûr avoir des avis différents sur ce qui est bien ou mal ou entre les deux, et trouver certains choix plus ou moins contraignants, douloureux, coûteux, etc.
Et avant qu’on ne m’allume, je parle bien de situations où on a le choix, de la marge de manœuvre, ce qui est souvent un privilège (de classe, de genre, d’origine, etc.).
Or donc je me représente les choix de la façon suivante :
Alors c’est vrai que pour une personne radicalement oisive, faire compliqué quand on peut faire simple, c’est un grand non.
Mais il faut faire la différence entre ce qui est inutilement compliqué dans l’absolu (comme faire cinq allers-retours quand on pourrait n’en faire qu’un seul), et ce qui est « inutilement » compliqué parce qu’allant à contresens de la société.
Je n’ai pas lu l’Éloge de la paresse ou d’autres ouvrages de référence sur les vertus supposées de l’oisiveté, radicale ou autre. La flemme. Comme d’habitude, j’essaie de tirer les leçons de la situation et de mes propres expériences, en réinventant fatalement le fil à couper l’eau tiède.
Pour moi, l’#oisivetéRadicale, ce n’est pas un programme ou une plate-forme ou un manifeste, mais ce n’est pas non plus qu’un simple slogan.
J’ai essayé de faire un petit graphique pour tenter d’aider les personnes qui n’y connaîtraient ou n’y comprendraient à peu près rien à s’y retrouver pour voter aux #élections législatives.
Pour continuer sur la lancée de mon dernier billet (fallait pas m’encourager en étant aussi nombreuxses à le lire), je voudrais redescendre un peu sur terre.
Je sais, ce n’est pas mon fort, mais je vais essayer malgré tout.