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    <title>feuilleton &amp;mdash; sknob’s fediblog</title>
    <link>https://noblogo.org/sknob/tag:feuilleton</link>
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    <pubDate>Mon, 27 Apr 2026 00:36:20 +0000</pubDate>
    <item>
      <title>Oisiveté radicale de confort ?</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/oisivete-radicale-de-confort</link>
      <description>&lt;![CDATA[#billet #oisivetéRadicale #feuilleton&#xA;&#xA;Si vous avez lu l’épisode précédent de cette série, je vous vois venir, à confondre #oisivetéRadicale et loi du moindre effort. &#xA;&#xA;Alors c’est vrai que pour une personne radicalement oisive, faire compliqué quand on peut faire simple, c’est un grand non.&#xA;&#xA;Mais il faut faire la différence entre ce qui est inutilement compliqué dans l’absolu (comme faire cinq allers-retours quand on pourrait n’en faire qu’un seul), et ce qui est « inutilement » compliqué parce qu’allant à contresens de la société.&#xA;&#xA;Prenons un exemple concret. &#xA;!--more-- &#xA;Je suis devenu végétarien. Ça ne m’a demandé que peu d’effort, parce que j’ai toujours aimé les cuisines méditerranéennes, moyen-orientales, indiennes et asiatiques aux vastes répertoires décharnés si j’ose dire. Je n’ai donc aucune nostalgie de la chair animale, car je peux continuer à cuisiner et manger l’essentiel de ce que j’aime cuisiner et manger.&#xA;&#xA;En revanche, ce qui est compliqué, en France en tout cas, c’est qu’il faut oublier la plupart des restos, bistrots et cafés (sauf à aimer la laitue en sachet facturée au prix du filet mignon). Mais surtout, c’est qu’on se retrouve vite en délicatesse socialement. Ça emmerde ou désarçonne les gens quand on ne mange pas comme tout le monde, c’est connoté socioculturellement (spèce de bobo) ou ça renvoie certaines personnes à leurs contradictions.&#xA;&#xA;Bref, ce n’est pas une situation confortable. &#xA;&#xA;Et c’est pareil dans plein d&#39;autres domaines. Ce n’est pas toujours simple d’être la seule personne masquée, de s’astreindre à ne manger que des légumes de saison qui n’ont pas fait des centaines ou des milliers de kilomètres, de boycotter les perroquets stochastiques, Amazon, Twitter/X, Facebook, Instagram, WhatsApp, Spotify (et de rémunérer directement les artistes), de limiter l’utilisation de la voiture, de renoncer à l’avion et au tourisme, et #oisivetéRadicale oblige, de se désintoxiquer du culte de la productivité, de l’efficience à tout prix, de la vitesse et de la gratification immédiate, de réapprendre à différer certains plaisirs et même à en sacrifier d’autres.&#xA;&#xA;A contrario, suivre le mouvement, même à reculons, se conformer in fine aux attentes de la société, que l’on soit révolté, résigné ou aliéné, ce ne serait pas plutôt ça, la solution de facilité, de moindre effort, de confort ? Car ce n’est pas très glorieux, avouons-le, quand on vit manifestement en idiocratie, quand ça nécessite de s’accorder ne serait-ce que tacitement sur des trucs manifestement faux (there is no alternative, le #covid c’est fini, onépuchénou), et surtout quand le mouvement en question nous mène inexorablement vers le dépassement des limites planétaires et la catastrophe climatique en passant par la case fascisme, c’est-à-dire vers un monde où le confort ne sera bientôt plus qu’un souvenir doux-amer.&#xA;&#xA;Alors certes, nous sommes des êtres sociaux, et refuser certaines compromissions quitte à prendre la société à rebrousse-poil, c’est risquer la réprobation voire la répudiation, même si personnellement, je ressens une solitude bien plus intense et douloureuse dans une foule qui fonce tête baissée (et sans masque) vers le précipice que seul dans ma cambrousse.&#xA;&#xA;Mais franchement, entre l’#oisivetéRadicale et le business as usual ou presque, quelle est la démarche la plus paresseuse ? La plus courageuse ? La plus confortable ?&#xA;&#xA;C’est qui les branleureuses ? span class=&#34;emoji&#34;🤭/span&#xA;&#xA;  De fait, Douggie a la conviction croissante que le plus grand défaut de l’espèce humaine, c’est sa tendance dévorante à prendre le consensus pour la vérité.&#xA;&#xA;  Richard Powers, L&#39;Arbre-Monde&#xA;&#xA;Helmut, le chat noir, allongé tranquillement au beau milieu d’une allée pavée. Ses yeux jaunes fixent l’objectif.&#xA;&#xA;---&#xA;En illimité&#xA;Compromis&#xA;Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !&#xA;Oisiveté radicale de confort ?]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:billet" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">billet</span></a> <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> <a href="/sknob/tag:feuilleton" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">feuilleton</span></a></p>

<p>Si vous avez lu <a href="quest-ce-que-loisivete-radicale" rel="nofollow">l’épisode précédent de cette série</a>, je vous vois venir, à confondre <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> et <em>loi du moindre effort</em>.</p>

<p>Alors c’est vrai que pour une personne radicalement oisive, faire compliqué quand on peut faire simple, c’est un grand <em>non</em>.</p>

<p>Mais il faut faire la différence entre ce qui est inutilement compliqué <em>dans l’absolu</em> (comme faire cinq allers-retours quand on pourrait n’en faire qu’un seul), et ce qui est « inutilement » compliqué parce qu’allant à contresens de la société.</p>

<p>Prenons un exemple concret.

Je suis devenu végétarien. Ça ne m’a demandé que peu d’effort, parce que j’ai toujours aimé les cuisines méditerranéennes, moyen-orientales, indiennes et asiatiques aux vastes répertoires décharnés si j’ose dire. Je n’ai donc aucune nostalgie de la chair animale, car je peux continuer à cuisiner et manger l’essentiel de ce que j’aime cuisiner et manger.</p>

<p>En revanche, ce qui est compliqué, en France en tout cas, c’est qu’il faut oublier la plupart des restos, bistrots et cafés (sauf à aimer la laitue en sachet facturée au prix du filet mignon). Mais surtout, c’est qu’on se retrouve vite en délicatesse <em>socialement</em>. Ça emmerde ou désarçonne les gens quand on ne mange pas <em>comme tout le monde</em>, c’est connoté socioculturellement (<em>spèce de bobo</em>) ou ça renvoie certaines personnes à leurs contradictions.</p>

<p>Bref, ce n’est pas une situation <em>confortable</em>.</p>

<p>Et c’est pareil dans plein d&#39;autres domaines. Ce n’est pas toujours simple d’être la seule personne masquée, de s’astreindre à ne manger que des légumes de saison qui n’ont pas fait des centaines ou des milliers de kilomètres, de boycotter les perroquets stochastiques, Amazon, Twitter/X, Facebook, Instagram, WhatsApp, Spotify (et de rémunérer directement les artistes), de limiter l’utilisation de la voiture, de renoncer à l’avion et au tourisme, et <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> oblige, de se désintoxiquer du <a href="quest-ce-que-loisivete-radicale" rel="nofollow">culte de la productivité</a>, de l’efficience à tout prix, de la vitesse et de la gratification immédiate, de réapprendre à différer certains plaisirs et même à en sacrifier d’autres.</p>

<p>A contrario, suivre le mouvement, même à reculons, se conformer in fine aux attentes de la société, que l’on soit révolté, résigné ou aliéné, ce ne serait pas plutôt ça, la solution de facilité, de moindre effort, <em>de confort</em> ? Car ce n’est pas très glorieux, avouons-le, quand on vit manifestement en idiocratie, quand ça nécessite de s’accorder ne serait-ce que tacitement sur des trucs manifestement faux (<em>there is no alternative</em>, <em>le <a href="/sknob/tag:covid" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">covid</span></a> c’est fini</em>, <a href="dessin" rel="nofollow"><em>onépuchénou</em></a>), et surtout quand le mouvement en question nous mène inexorablement vers le <a href="en-illimite" rel="nofollow">dépassement des limites planétaires</a> et la catastrophe climatique en passant par la case fascisme, c’est-à-dire vers un monde où le confort ne sera bientôt plus qu’un souvenir doux-amer.</p>

<p>Alors certes, nous sommes des êtres sociaux, et refuser certaines <a href="compromis" rel="nofollow">compromissions</a> quitte à prendre la société à rebrousse-poil, c’est risquer la réprobation voire la répudiation, même si personnellement, je ressens une solitude bien plus intense et douloureuse dans une foule qui fonce tête baissée (et sans masque) vers le précipice que seul dans ma cambrousse.</p>

<p>Mais franchement, entre l’<a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> et le <em>business as usual</em> ou presque, quelle est la démarche la plus paresseuse ? La plus courageuse ? La plus <em>confortable</em> ?</p>

<p>C’est qui les branleureuses ? <span class="emoji">🤭</span></p>

<blockquote><p>De fait, Douggie a la conviction croissante que le plus grand défaut de l’espèce humaine, c’est sa tendance dévorante à prendre le consensus pour la vérité.</p>

<p>Richard Powers, L&#39;Arbre-Monde</p></blockquote>

<p><img src="https://sknob.fr/img/blog/helmut.jpg" alt="Helmut, le chat noir, allongé tranquillement au beau milieu d’une allée pavée. Ses yeux jaunes fixent l’objectif."></p>

<hr>
<ol><li><a href="en-illimite" rel="nofollow">En illimité</a></li>
<li><a href="compromis" rel="nofollow">Compromis</a></li>
<li><a href="quest-ce-que-loisivete-radicale" rel="nofollow">Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !</a></li>
<li><em>Oisiveté radicale de confort ?</em></li></ol>
]]></content:encoded>
      <guid>https://noblogo.org/sknob/oisivete-radicale-de-confort</guid>
      <pubDate>Sun, 01 Sep 2024 11:08:02 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/quest-ce-que-loisivete-radicale</link>
      <description>&lt;![CDATA[#billet #oisivetéRadicale #feuilleton&#xA;&#xA;Je n’ai pas lu l’Éloge de la paresse ou d’autres ouvrages de référence sur les vertus supposées de l’oisiveté, radicale ou autre. La flemme. Comme d’habitude, j’essaie de tirer les leçons de la situation et de mes propres expériences, en réinventant fatalement le fil à couper l’eau tiède.&#xA;&#xA;Pour moi, l’#oisivetéRadicale, ce n’est pas un programme ou une plate-forme ou un manifeste, mais ce n’est pas non plus qu’un simple slogan.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;On vit dans un monde productiviste. L’économie doit produire toujours plus pour alimenter la sainte croissance garante de notre niveau de vie, jusqu’au burn-out de la planète elle-même s’il le faut ! &#xA;&#xA;Catéchisme que l’on critique parfois à gauche, alors qu’il nous infecte toustes. &#xA;&#xA;Parce que c’est pareil dans nos sphères privées. On a des trucs à faire, contraints et choisis, et on se flagelle et on se maudit quand on ne les fait pas, ou pas assez vite, ou pas dans les temps, même quand on est dans l’incapacité physique ou mentale de les faire !&#xA;&#xA;Mais rien à faire (joke), on n&#39;aime pas les tire-au-flanc, les feignasses, et on culpabilise ou on se déçoit ou on se déteste quand on ne branle rien. La paressophobie est omniprésente et universelle. &#xA;&#xA;Pourtant, imaginons un delépisode de Star Trek/del film dans lequel le monde est confronté à un danger mortel. Les armes de guerre ne peuvent rien contre cette menace. Charles Bronson, Chuck Norris, Clint Eastwood et même Bruce Willis sont morts ou trop vieux pour venir nous sauver, et pas de bol, ce n’est pas un film de super-héros. Les meilleurs savants et scientifiques ont beau être sur le coup, ils ne trouvent pas de techno-solution. Et visiblement, Dieu et les extraterrestres sont aux abonnés absents.&#xA;&#xA;On est livrés à nous-mêmes. &#xA;&#xA;On est mal. On ne voit pas comment les scénaristes vont pouvoir s’en sortir. &#xA;&#xA;Et pourtant, coup de théâtre ! &#xA;&#xA;De gros branleurs de philosophes du dimanche trouvent la solution.&#xA;&#xA;Il suffit de porter un masque ! &#xA;&#xA;Ah non, merde, pardon, je me suis trompé de film. Je recommence :&#xA;&#xA;Il suffit de ne rien faire !&#xA;&#xA;Ou du moins d’en faire le moins possible.&#xA;&#xA;De buller, de glander, de rêvasser, d’observer, de flâner, de faire la sieste (chaste ou crapuleuse) à la moindre occasion. &#xA;&#xA;D’arrêter de foncer, de se dépasser, de se déplacer et de gesticuler inutilement dans tous les sens, en piétinant tout.&#xA;&#xA;De précipiter le culte de la performance, de l’optimisation, de l’efficacité et de l’efficience, totalement inadapté à un monde désormais turbulent et imprévisible, dans les poubelles de l’histoire, pour le remplacer par son antithèse, le culte de la redondance, synonyme de robustesse.&#xA;  &#xA;-----&#xA;Aparté : si ce scénario ne vous emballe pas, c’est peut-être que vous êtes accro au productivisme, et que vous souffrez d’une de ses nombreuses comorbidités : la peur de l’ennui. Il paraît même qu’il y a des gens qui préfèrent s’infliger des décharges électriques plutôt que de rester seuls pendant 15 minutes sans aucun moyen de se distraire !&#xA;&#xA;Alors que l’ennui, c’est la vie ! C’est le terreau de la créativité. C’est le moment où le cerveau peut respirer un peu et digérer en tâche de fond tout ce qu&#39;il s’est pris dans la tronche. Ce qui lui permettra ensuite d’imaginer, souvent aux moments les plus incongrus, des alternatives à notre descente aux enfers. Fin de l&#39;aparté.&#xA;-----&#xA;L’#oisivetéRadicale, c’est donc une contre-idée, une contre-pensée, une contre-injonction insurrectionnelle. C’est un appel à l’insubordination, une volonté de déconditionnement, de désaliénation, d’inversion de l’accusation et de la diabolisation, de réhabilitation du farniente, de la lenteur, d’une lenteur non seulement salvatrice, mais douce, agréable, langoureuse, sensuelle même ! &#xA;&#xA;J’irais même jusqu’à dire que l’#oisivetéRadicale, c’est un art de vivre.&#xA;&#xA;Alors oui camarades, sus à nos petits contremaîtres productivistes irascibles intimes qui pourrissent littéralement la vie, fuck la valeur travail, et vive l’#oisivetéRadicale !&#xA;&#xA;Image stylisée en noir et blanc d’une usine qui arbore les mots &#34;fuck work&#34;&#xA;En illimité&#xA;Compromis&#xA;Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !&#xA;Oisiveté radicale de confort ?&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:billet" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">billet</span></a> <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> <a href="/sknob/tag:feuilleton" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">feuilleton</span></a></p>

<p>Je n’ai pas lu l’<em>Éloge de la paresse</em> ou d’autres ouvrages de référence sur les vertus supposées de l’oisiveté, radicale ou autre. La flemme. Comme d’habitude, j’essaie de tirer les leçons <a href="en-illimite" rel="nofollow">de la situation</a> et de mes propres expériences, en réinventant fatalement le fil à couper l’eau tiède.</p>

<p>Pour moi, l’<a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a>, ce n’est pas un programme ou une plate-forme ou un manifeste, mais ce n’est pas non plus qu’un simple slogan.</p>



<p>On vit dans un monde productiviste. L’économie doit produire toujours plus pour alimenter la sainte croissance garante de notre niveau de vie, jusqu’au burn-out de la planète elle-même s’il le faut !</p>

<p>Catéchisme que l’on critique parfois à gauche, alors qu’il nous infecte toustes.</p>

<p>Parce que c’est pareil dans nos sphères privées. On a des trucs à faire, contraints et choisis, et on se flagelle et on se maudit quand on ne les fait pas, ou pas assez vite, ou pas dans les temps, même quand on est dans l’incapacité physique ou mentale de les faire !</p>

<p>Mais rien à faire (joke), on n&#39;aime pas les tire-au-flanc, les feignasses, et on culpabilise ou on se déçoit ou on se déteste quand on ne branle rien. La paressophobie est omniprésente et universelle.</p>

<p>Pourtant, imaginons un <del>épisode de Star Trek</del> film dans lequel le monde est confronté à un danger mortel. Les armes de guerre ne peuvent rien contre cette menace. Charles Bronson, Chuck Norris, Clint Eastwood et même Bruce Willis sont morts ou trop vieux pour venir nous sauver, et pas de bol, ce n’est pas un film de super-héros. Les meilleurs savants et scientifiques ont beau être sur le coup, ils ne trouvent pas de techno-solution. Et visiblement, Dieu et les extraterrestres sont aux abonnés absents.</p>

<p>On est livrés à nous-mêmes.</p>

<p>On est mal. On ne voit pas comment les scénaristes vont pouvoir s’en sortir.</p>

<p>Et pourtant, coup de théâtre !</p>

<p>De gros branleurs de philosophes du dimanche trouvent la solution.</p>

<p>Il suffit de porter un masque !</p>

<p>Ah non, merde, pardon, je me suis trompé de film. Je recommence :</p>

<p>Il suffit de ne rien faire !</p>

<p>Ou du moins d’en faire le moins possible.</p>

<p>De buller, de glander, de rêvasser, d’observer, de flâner, de faire la sieste (chaste ou crapuleuse) à la moindre occasion.</p>

<p>D’arrêter de foncer, de se dépasser, de se déplacer et de gesticuler inutilement dans tous les sens, en piétinant tout.</p>

<p>De précipiter le culte de la performance, de l’optimisation, de l’efficacité et de l’efficience, <a href="https://m.youtube.com/watch?v=ZH2Ap-iTYUA" rel="nofollow">totalement inadapté à un monde désormais turbulent et imprévisible</a>, dans les poubelles de l’histoire, pour le remplacer par son antithèse, le culte de la redondance, synonyme de robustesse.</p>

<hr>

<p><em>Aparté : si ce scénario ne vous emballe pas, c’est peut-être que vous êtes accro au productivisme, et que vous souffrez d’une de ses nombreuses comorbidités : la peur de l’ennui. Il paraît même qu’il y a des gens qui préfèrent <a href="https://www.nature.com/articles/nature.2014.15508" rel="nofollow">s’infliger des décharges électriques</a> plutôt que de rester seuls pendant 15 minutes sans aucun moyen de se distraire !</em></p>

<p><em>Alors que l’ennui, c’est la vie ! C’est le terreau de la créativité. C’est le moment où le cerveau peut respirer un peu et digérer en tâche de fond tout ce qu&#39;il s’est pris dans la tronche. Ce qui lui permettra ensuite d’imaginer, souvent aux moments les plus incongrus, des alternatives à notre descente aux enfers. Fin de l&#39;aparté.</em></p>

<hr>

<p>L’<a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a>, c’est donc une contre-idée, une contre-pensée, une contre-injonction <em>insurrectionnelle</em>. C’est un appel à <em>l’insubordination</em>, une volonté de déconditionnement, de désaliénation, d’inversion de l’accusation et de la diabolisation, de réhabilitation du farniente, de la lenteur, d’une lenteur non seulement salvatrice, mais douce, agréable, langoureuse, sensuelle même !</p>

<p>J’irais même jusqu’à dire que l’<a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a>, c’est un <em>art de vivre</em>.</p>

<p>Alors oui camarades, sus à nos petits contremaîtres productivistes irascibles intimes qui <em>pourrissent littéralement la vie</em>, fuck la valeur travail, et vive l’<a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> !</p>

<p><img src="https://sknob.fr/img/blog/fuckwork.jpg" alt="Image stylisée en noir et blanc d’une usine qui arbore les mots &#34;fuck work&#34;">
1. <a href="en-illimite" rel="nofollow">En illimité</a>
2. <a href="compromis" rel="nofollow">Compromis</a>
3. <em>Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !</em>
4. <a href="oisivete-radicale-de-confort" rel="nofollow">Oisiveté radicale de confort ?</a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://noblogo.org/sknob/quest-ce-que-loisivete-radicale</guid>
      <pubDate>Sun, 28 Jul 2024 05:31:19 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Compromis</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/compromis</link>
      <description>&lt;![CDATA[#billet #oisivetéRadicale #feuilleton&#xA;&#xA;Pour continuer sur la lancée de mon dernier billet (fallait pas m’encourager en étant aussi nombreuxses à le lire), je voudrais redescendre un peu sur terre.&#xA;&#xA;Je sais, ce n’est pas mon fort, mais je vais essayer malgré tout.&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Pour me citer moi-même :&#xA;&#xA;  @Daniii@h4.io on est bien d’accord. Qu’est-ce qui nous empêcherait (à gauche) d’arrêter d’alimenter avec autant d’enthousiasme la machine à cramer la planète ? On passe plus de temps à trouver des excuses bidon pour ne rien changer à nos modes de vie dévastateurs…&#xA;&#xA;Et il me semble qu’il y a au moins deux choses qui empêchent les gens de gauche (conscientisés et en situation d’agir) d’arrêter d’alimenter allègrement la machine à cramer la planète :&#xA;&#xA;La peur de manquer (FOMO)&#xA;Le sentiment que ça ne sert à rien&#xA;&#xA;Les deux étant intimement liés bien sûr. &#xA;&#xA;Et j’écarte évidemment la troisième possibilité : qu’ils puissent être de droite.&#xA;&#xA;Ça ne sert à rien&#xA;&#xA;Commençons par la prophétie autoréalisatrice « ça ne sert à rien ». &#xA;&#xA;Pour faire court, on s’en fout. &#xA;&#xA;Oui, on s’en fout que nos actes aient un effet mesurable ou pas. On n’est pas des managers de start-ups ou des contrôleuses de gestion ou des économistes du Ministère de l’austérité, du moins je l’espère. Évidemment que nos actions individuelles quelles qu’elles soient n’ont pas d’effet mesurable direct sur le cours de l’histoire avec un grand H. Faut arrêter avec le melon (au sens figuré. Au sens propre, on peut continuer à en manger s’il n’a pas poussé dans une serre chauffée à perpète en baignant dans du glyphosate). Et évidemment que nos actions ont un effet mesurable à notre échelle personnelle, ce qui n’est pas rien, et évidemment qu’elles peuvent s’agréger à leurs semblables pour devenir détectables à une échelle intermédiaire.&#xA;&#xA;Mais si on a la possibilité de faire ce qui est juste, on peut aussi le faire juste parce que c’est juste, en s’en foutant des KPI.&#xA;&#xA;Simplement parce qu’on a déconstruit notre héritage patriarcal, colonial, raciste, validiste, spéciste, extractiviste et prédateur, et qu’on n’est plus des brutes !&#xA;&#xA;Même si c’est vrai que si on était nombreuxses à renoncer à certaines de nos habitudes toxiques quand c’est possible, et à voter avec nos pieds et avec nos portefeuilles quand ils ne sont pas vides, ça pourrait sacrément brutaliser les résultats trimestriels des puissants, ce qui serait assez jouissif. &#xA;&#xA;Parce qu’au fond, qui ça sert de penser que ça ne sert à rien ?&#xA;&#xA;La peur de manquer&#xA;&#xA;Délestés de ce tropisme productiviste et donc de droite, abordons à présent l’autre raison qui nous empêche d’arrêter d’alimenter avec enthousiasme la machine à cramer la planète : la peur de manquer.&#xA;&#xA;« La vie est assez dure et angoissante comme ça, alors on ne va pas en plus se forcer à renoncer aux menus plaisirs qui nous restent. Ils nous font chier à la fin avec leur écologie punitive ! »&#xA;&#xA;Déjà, renoncer à faire du mal, ça peut faire un bien fou (et oui, je binarise pour faire vite, mais tout ce que je raconte fonctionne aussi en niveaux de gris).&#xA;&#xA;Ensuite, arrêter d’enrichir les gros pollueurs de notre plein gré, ça ne mange pas de pain.&#xA;&#xA;Mais sinon, j’avoue que je suis un peu désarçonné par ce genre de discours.&#xA;&#xA;Car ce que j’aimerais arriver à comprendre, c’est comment on peut justifier, quand on est une personne de gauche belle et intelligente et éclairée, de faire des trucs nuisibles qu’on pourrait concrètement arrêter de faire sans problème, même si ces trucs nous procurent un peu de plaisir ou nous font gagner un peu de temps ou font baisser un peu notre charge mentale, quand on a conscience que le coût cumulé en face est littéralement astronomique (mesuré en planètes habitables) ?&#xA;&#xA;Surtout quand on commence déjà à en payer le prix, y compris chez nous, et que nos enfants le paieront vraisemblablement au centuple ?&#xA;&#xA;Parce que même si on ne peut pas mesurer notre contribution individuelle à la catastrophe en cours, on sait très bien qu’on y contribue, comme quand on est coincé dans 1000 km d’embouteillages un week-end du 15 août, et qu’on sait très bien qu’on embouteille, même si on n’est pas responsable de l’invention du moteur à explosion, des autoroutes à péage ou des congés payés.&#xA;&#xA;Ou prenons un exemple d’actualité, ChatJPP, et admettons pour rire qu’il soit utile à quelque chose, comme vous résumer ce billet déjà beaucoup trop long. Quand on met cette pseudo prouesse en face de la consommation en énergie et en eau colossale des centres de données nécessaires pour la réaliser, comment se justifier à soi-même que le jeu en vaut la chandelle ? Comment ?&#xA;&#xA;Warning! This generative Al task will require cutting off electricity to one random small city for up to 10 minutes! Continue creating 200 × 200 pixel avatar? YES. NO.&#xA;&#xA;Honnêtement, ça me dépasse.&#xA;&#xA;Et quand on met bout à bout toutes nos petites compromissions du même acabit, comme fréquenter les réseaux sociaux panoptiques ou de nazis alors qu’on a le fabuleux #fedivers, manger des êtres sentients, menacer la survie des orangs-outans pour un shoot de gras, ou encore acheter des gadgets improbables à l’utilité plus que discutable fabriqués par des esclaves pour les géants du e-commerce américains ou chinois, comment prétendre qu’on n’est pas complices de la merdification du monde, et comment s’en dédouaner ?&#xA;&#xA;Emoji yeux&#xA;&#xA;Alors avant que vous me taxiez de donneur de leçon (même si je sais que je n’y échapperai pas), je tiens à préciser que je suis tout sauf exemplaire. À mes propres yeux déjà. Et même si je sais qu’aux yeux de plein de gens de gauche beaux, intelligents et éclairés que je connais, je vis comme un amish pour ne pas dire un moine tibétain, je sais aussi qu’aux yeux d’autres gens de gauche beaux, intelligents et éclairés que je connais, je vis comme un gros bourge matérialiste.&#xA;&#xA;Comme tout le monde, je continue à faire des trucs moches que je pourrais éviter de faire. Je commence généralement par négocier avec la réalité et avec moi-même, mais au bout du compte, j’essaie de voir mes compromissions pour ce qu’elles sont : des compromissions, que j’espère temporaires.&#xA;&#xA;Et je m’efforce de ne pas leur trouver des excuses foireuses, surtout quand elles ne sont pas justifiables autrement que par ma flemme, mon égoïsme ou ma lâcheté.&#xA;&#xA;Car soyons honnêtes : par définition et à de rares exceptions près, nos compromissions ne sont imputables à personne d’autre qu’à nous-mêmes, d’autant plus qu’on est beaucoup trop belles et beaux et intelligent·e·s et éclairé·e·s pour se laisser manipuler ou lessiver la cervelle par les médias de Bouygues ou de Bolloré.&#xA;&#xA;Alors oui, quand on est le fruit d’une civilisation bâtie sur la violence et la loi du plus fort, c’est contre nature de renoncer à exercer un pouvoir dont on dispose, fût-il de domination ou de dévastation. &#xA;&#xA;Mais savoir y renoncer à bon escient, ne serait-ce pas justement un pouvoir sous-exploité à nous, les supposés gens de bien qui prétendent vouloir faire advenir un monde meilleur ? Et si oui, ne pourrions-nous pas commencer à l’exercer en balayant devant nos portes, même si en bout de course, ça finit par n’avoir servi qu’à ça ?&#xA;&#xA;Éplucheur de pomme de terre électrique, l’éplucheur, pas la pomme de terre&#xA;En illimité&#xA;Compromis&#xA;Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !&#xA;Oisiveté radicale de confort ?&#xA;]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:billet" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">billet</span></a> <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> <a href="/sknob/tag:feuilleton" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">feuilleton</span></a></p>

<p>Pour continuer sur la lancée de <a href="en-illimite" rel="nofollow">mon dernier billet</a> (fallait pas m’encourager en étant aussi nombreuxses à le lire), je voudrais redescendre un peu sur terre.</p>

<p>Je sais, ce n’est pas mon fort, mais je vais essayer malgré tout.</p>



<p>Pour <a href="https://mamot.fr/@sknob/112546816390251112" rel="nofollow">me citer moi-même</a> :</p>

<blockquote><p><a href="https://noblogo.org/@/Daniii@h4.io" class="u-url mention" rel="nofollow">@<span>Daniii@h4.io</span></a> on est bien d’accord. Qu’est-ce qui nous empêcherait (à gauche) d’arrêter d’alimenter avec autant d’enthousiasme la machine à cramer la planète ? On passe plus de temps à trouver des excuses bidon pour ne rien changer à nos modes de vie dévastateurs…</p></blockquote>

<p>Et il me semble qu’il y a au moins deux choses qui empêchent les gens de gauche (conscientisés et en situation d’agir) d’arrêter d’alimenter allègrement la machine à cramer la planète :</p>
<ul><li>La peur de manquer (FOMO)</li>
<li>Le sentiment que ça ne sert à rien</li></ul>

<p>Les deux étant intimement liés bien sûr.</p>

<p>Et j’écarte évidemment la troisième possibilité : qu’ils puissent être de droite.</p>

<h3 id="ça-ne-sert-à-rien">Ça ne sert à rien</h3>

<p>Commençons par la prophétie autoréalisatrice « ça ne sert à rien ».</p>

<p>Pour faire court, <em>on s’en fout</em>.</p>

<p>Oui, on s’en fout que nos actes aient un effet mesurable ou pas. On n’est pas des managers de start-ups ou des contrôleuses de gestion ou des économistes du Ministère de l’austérité, du moins je l’espère. Évidemment que nos actions individuelles quelles qu’elles soient n’ont pas d’effet mesurable <em>direct</em> sur le cours de l’histoire avec un grand H. Faut arrêter avec le melon (au sens figuré. Au sens propre, on peut continuer à en manger s’il n’a pas poussé dans une serre chauffée à perpète en baignant dans du glyphosate). Et évidemment que nos actions ont un effet mesurable à notre échelle personnelle, ce qui n’est pas <em>rien</em>, et évidemment qu’elles peuvent s’agréger à leurs semblables pour devenir détectables à une échelle intermédiaire.</p>

<p>Mais si on a la possibilité de faire ce qui est juste, on peut aussi le faire juste parce que c’est juste, en s’en foutant des KPI.</p>

<p>Simplement parce qu’on a <a href="en-illimite" rel="nofollow">déconstruit notre héritage patriarcal, colonial, raciste, validiste, spéciste, extractiviste et prédateur</a>, et qu’on n’est plus des brutes !</p>

<p>Même si c’est vrai que si on était nombreuxses à renoncer à certaines de nos habitudes toxiques quand c’est possible, et à voter avec nos pieds et avec nos portefeuilles quand ils ne sont pas vides, ça pourrait sacrément brutaliser les résultats trimestriels des puissants, ce qui serait assez jouissif.</p>

<p>Parce qu’au fond, qui ça sert de penser que ça ne sert à rien ?</p>

<h3 id="la-peur-de-manquer">La peur de manquer</h3>

<p>Délestés de ce tropisme productiviste et donc de droite, abordons à présent l’autre raison qui nous empêche d’arrêter d’alimenter avec enthousiasme la machine à cramer la planète : la peur de manquer.</p>

<p>« La vie est assez dure et angoissante comme ça, alors on ne va pas en plus se forcer à renoncer aux menus plaisirs qui nous restent. Ils nous font chier à la fin avec leur écologie punitive ! »</p>

<p>Déjà, renoncer à faire du mal, ça peut faire un bien fou (et oui, je binarise pour faire vite, mais tout ce que je raconte fonctionne aussi en niveaux de gris).</p>

<p>Ensuite, arrêter d’enrichir les <a href="https://sknob.fr/music/?jeneveuxpas" rel="nofollow">gros pollueurs</a> de notre plein gré, ça ne mange pas de pain.</p>

<p>Mais sinon, j’avoue que je suis un peu désarçonné par ce genre de discours.</p>

<p>Car ce que j’aimerais arriver à comprendre, c’est comment on peut <em>justifier</em>, quand on est une personne de gauche belle et intelligente et éclairée, de faire des trucs nuisibles qu’on pourrait <em>concrètement</em> arrêter de faire <em>sans problème</em>, même si ces trucs nous procurent un peu de plaisir ou nous font gagner un peu de temps ou font baisser un peu notre charge mentale, quand on a <em>conscience</em> que le coût cumulé en face est <em>littéralement astronomique</em> (mesuré en planètes habitables) ?</p>

<p>Surtout quand on commence déjà à en payer le prix, y compris chez nous, et que nos enfants le paieront vraisemblablement au centuple ?</p>

<p>Parce que même si on ne peut pas mesurer notre contribution individuelle à la catastrophe en cours, on sait très bien qu’on y contribue, comme quand on est coincé dans 1000 km d’embouteillages un week-end du 15 août, et qu’on sait très bien qu’on embouteille, même si on n’est pas responsable de l’invention du moteur à explosion, des autoroutes à péage ou des congés payés.</p>

<p>Ou prenons un exemple d’actualité, ChatJPP, et admettons pour rire qu’il soit utile à quelque chose, comme vous résumer ce billet déjà beaucoup trop long. Quand on met cette pseudo prouesse en face de la consommation en énergie et en eau <em>colossale</em> des centres de données nécessaires pour la réaliser, comment se justifier à soi-même que le jeu en vaut la chandelle ? Comment ?</p>

<p><a href="https://social.lol/@toddztoonz/112542185808418096" rel="nofollow"><img src="https://sknob.fr/img/blog/warning.png" alt="Warning! This generative Al task will require cutting off electricity to one random small city for up to 10 minutes! Continue creating 200 × 200 pixel avatar? YES. NO."></a></p>

<p>Honnêtement, ça me dépasse.</p>

<p>Et quand on met bout à bout toutes nos petites compromissions du même acabit, comme fréquenter les réseaux sociaux panoptiques ou de nazis alors qu’on a le fabuleux <a href="/sknob/tag:fedivers" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">fedivers</span></a>, manger des êtres sentients, menacer la survie des orangs-outans pour un shoot de gras, ou encore acheter des gadgets improbables à l’utilité plus que discutable fabriqués par des esclaves pour les géants du e-commerce américains ou chinois, comment prétendre qu’on n’est pas complices de la merdification du monde, et comment s’en dédouaner ?</p>

<h3 id="emoji-yeux">Emoji yeux</h3>

<p>Alors avant que vous me taxiez de donneur de leçon (même si je sais que je n’y échapperai pas), je tiens à préciser que je suis tout sauf exemplaire. À mes propres yeux déjà. Et même si je sais qu’aux yeux de plein de gens de gauche beaux, intelligents et éclairés que je connais, je vis comme un amish pour ne pas dire un moine tibétain, je sais aussi qu’aux yeux d’autres gens de gauche beaux, intelligents et éclairés que je connais, je vis comme un gros bourge matérialiste.</p>

<p>Comme tout le monde, je continue à faire des trucs moches que je pourrais éviter de faire. Je commence généralement par négocier avec la réalité et avec moi-même, mais au bout du compte, j’essaie de voir mes compromissions pour ce qu’elles sont : des compromissions, que j’espère temporaires.</p>

<p>Et je m’efforce de ne pas leur trouver des excuses foireuses, surtout quand elles ne sont pas justifiables autrement que par ma flemme, mon égoïsme ou ma lâcheté.</p>

<p>Car soyons honnêtes : <em>par définition</em> et à de rares exceptions près, nos compromissions ne sont imputables à personne d’autre qu’à nous-mêmes, d’autant plus qu’on est beaucoup trop belles et beaux et intelligent·e·s et éclairé·e·s pour se laisser manipuler ou lessiver la cervelle par les médias de Bouygues ou de Bolloré.</p>

<p>Alors oui, quand on est le fruit d’une civilisation bâtie sur la violence et la loi du plus fort, c’est contre nature de renoncer à exercer un pouvoir dont on dispose, fût-il de domination ou de dévastation.</p>

<p>Mais savoir y renoncer à bon escient, ne serait-ce pas justement un pouvoir sous-exploité à nous, les supposés gens de bien qui prétendent vouloir faire advenir un monde meilleur ? Et si oui, ne pourrions-nous pas commencer à l’exercer en balayant devant nos portes, même si en bout de course, ça finit par n’avoir servi qu’à ça ?</p>

<p><img src="https://sknob.fr/img/blog/eplucheur.jpg" alt="Éplucheur de pomme de terre électrique, l’éplucheur, pas la pomme de terre">
1. <a href="en-illimite" rel="nofollow">En illimité</a>
2. <em>Compromis</em>
3. <a href="quest-ce-que-loisivete-radicale" rel="nofollow">Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !</a>
4. <a href="oisivete-radicale-de-confort" rel="nofollow">Oisiveté radicale de confort ?</a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://noblogo.org/sknob/compromis</guid>
      <pubDate>Sat, 08 Jun 2024 07:46:30 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>En illimité</title>
      <link>https://noblogo.org/sknob/en-illimite</link>
      <description>&lt;![CDATA[#billet #oisivetéRadicale #feuilleton&#xA;&#xA;Après les blessures narcissiques infligées par Copernic, Darwin et Freud, voilà que le monde occidental lumineux et civilisé à vocation universelle se fracasse sur la réalité des limites biophysiques de notre petite planète.&#xA;&#xA;Sonné, humilié, acculé, il se retrouve, pour faire simple, avec quatre options :&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;Faire l’autruche.&#xA;Négocier avec le réel (spoiler : le réel ne négocie pas).&#xA;S’arcbouter sur ses fondations patriarcales, coloniales, racistes, validistes, spécistes, extractivistes, prédatrices, etc., en poussant même tous les potentiomètres à donf, dans un dernier baroud d’honneur.&#xA;Faire preuve d’humilité, reconnaître ses errements, faire amende honorable, et se transformer en profondeur pour revenir structurellement dans les limites planétaires.&#xA;&#xA;L’option 1, faire l’autruche, c’est celle qui est pratiquée par le gros du troupeau, pour plein de raisons plus ou moins compréhensibles selon les cas et les situations (et tant pis pour toutes les victimes collatérales qui fabriquent nos gadgets et se récupèrent nos poubelles dans de lointaines contrées peuplées de gens qui n’ont pas su atteindre notre degré de civilisation).&#xA;&#xA;L’option 2, négocier avec le réel, est illustrée par tous ces doux euphémismes et oxymores marketing, comme le développement durable, la transition énergétique, le capitalisme vert, le Green New Deal, l’écologie de production [sic] ou encore le découplage (entre croissance exponentielle infinie et dévastation). Ou dans sa version de gauche : interdisons les jets privés, taxons les milliardaires et nationalisons les moyens de pollution et on pourra vivre notre meilleure vie.&#xA;&#xA;L’option 3, white patriarchal power, c’est plutôt crever que de renoncer à notre exception culturelle (nos privilèges d’hommes blancs placés au sommet de la « pyramide de l’évolution » ou de la création, selon les versions).&#xA;&#xA;Quant à l’option 4, dire oups, désolé, on a merdé, et revenir dans les clous planétaires, la seule option qui permettrait de survivre dans des conditions encore supportables ou de survivre tout court, elle n’est même pas envisageable ni envisagée, bien qu’elle soit pratiquée à la marge, dans les interstices, en loucedé, par quelques éco-anarchistes et autres baba-cools plus ou moins zinzins.&#xA;&#xA;Pourtant, la réalité est têtue :&#xA;&#xA;« La nature » produit des trucs utiles comme de l’air, de l’eau, de la bouffe et des matières premières, mais elle prend son temps.&#xA;Nous on prélève ces richesses à un rythme industriel que « la nature » ne peut plus suivre, puisqu’elle refuse contre vents et marées de modifier ses lois et d’accélérer ses cadences pour s’adapter à la demande.&#xA;Ensuite, on excrète des déchets à un rythme et dans des proportions qui dépassent ce que « la nature » est capable d’encaisser, absorber, digérer, métaboliser, composter, etc., du moins dans des délais raisonnables à l’échelle des vies humaines.&#xA;&#xA;On se retrouve donc avec des pénuries et des déserts en amont et des pollutions et des effets de bord indésirables comme le réchauffement climatique en aval, phénomènes qui parmi d’autres inconvénients menacent toute la chaîne alimentaire.&#xA;&#xA;Si on voulait sortir de cette spirale infernale : &#xA;&#xA;On serait obligé·e·s de prélever moins et moins vite, et de produire moins de déchets et moins vite.&#xA;On ne pourrait donc plus fabriquer ni consommer ni jeter les neuf dixièmes de tout ce qu’on fabrique et qu’on consomme et qu’on jette.&#xA;Et on serait donc toustes obligé·e·s de vivre grosso-merdo comme les éco-anarchistes et autres baba-cools plus ou moins zinzins sus-mentionnés.&#xA;&#xA;L’ironie étant que si on ne le fait pas, on finira par épuiser nos ressources, ou les riches monopoliseront celles qui restent, et on sera donc toustes obligé·e·s de vivre grosso-merdo comme les éco-anarchistes et autres baba-cools plus ou moins zinzins sus-mentionnés, mais sous terre ou en scaphandre cette fois.&#xA;&#xA;Malgré cette faillite totale du modèle occidental néolibéral qui hésite encore un peu entre négociation avec les lois de la nature et suicide sabre au clair, la gauche est inaudible. &#xA;&#xA;Peut-être parce qu’on ne comprend rien à ce qu’elle dit ou ce qu’elle veut : &#xA;&#xA;« Il faut revenir dans les limites planétaires, et on vivra dans ces limites planétaires quand on aura démantelé le moteur à explosion des limites planétaires, mais en attendant, ça ne sert à rien delde faire pipi sous la douche/del d’essayer de vivre dans les limites planétaires. »&#xA;&#xA;« On arrêtera de consommer (n’importe quoi n’importe comment) quand on aura abattu la société de consommation. »&#xA;&#xA;« On arrêtera de faire des trucs nuisibles qu’on pourrait très bien arrêter de faire maintenant quand nos chefs auront été élus et prendront des mesures de gauche qui nous dissuaderont ou nous empêcheront de les faire. »&#xA;&#xA;En tout cas moi c’est comme ça que j’entends et que je comprends ce qu’elle dit, et je soupçonne que je ne suis pas le seul.&#xA;&#xA;Mais bien que l’on taxe souvent la gauche d’hypocrisie, je me demande si ce ne serait pas en fait une fausse piste.&#xA;&#xA;Peut-être que si la gauche ne sait plus où elle habite, c’est parce qu’elle est tout autant le produit de l’occident lumineux et civilisé à vocation universelle et aux fondations patriarcales, coloniales, racistes, validistes, spécistes, extractivistes, prédatrices que la droite, et qu’elle refuse obstinément de déconstruire cet héritage encombrant. Pour éventuellement y renoncer. Puis faire ou ne pas faire ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire par simple éthique, et pas seulement par obligation ou pour tenter d’éviter la catastrophe.&#xA;&#xA;C’est l’hypothèse que je vous soumets en tout cas.&#xA;&#xA;En attendant de savoir ce que vous en pensez, la prochaine canicule et que la gauche déconstruise son héritage illuminé, je retourne à mon #oisivetéRadicale d’éco-anarchiste embeddé chez les baba-cools plus ou moins zinzins. &#xA;&#xA;Traduction : je vais faire une petite sieste.&#xA;&#xA;---&#xA;En illimité&#xA;Compromis&#xA;Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !&#xA;Oisiveté radicale de confort ?]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p><a href="/sknob/tag:billet" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">billet</span></a> <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> <a href="/sknob/tag:feuilleton" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">feuilleton</span></a></p>

<p>Après les blessures narcissiques infligées par Copernic, Darwin et Freud, voilà que le monde occidental lumineux et civilisé à vocation universelle se fracasse sur la réalité des limites biophysiques de notre petite planète.</p>

<p>Sonné, humilié, acculé, il se retrouve, pour faire simple, avec quatre options :</p>


<ol><li>Faire l’autruche.</li>
<li>Négocier avec le réel (spoiler : le réel ne négocie pas).</li>
<li>S’arcbouter sur ses fondations patriarcales, coloniales, racistes, validistes, spécistes, extractivistes, prédatrices, etc., en poussant même tous les potentiomètres à donf, dans un dernier baroud d’honneur.</li>
<li>Faire preuve d’humilité, reconnaître ses errements, faire amende honorable, et se transformer en profondeur pour revenir structurellement dans les limites planétaires.</li></ol>

<p>L’option 1, faire l’autruche, c’est celle qui est pratiquée par le gros du troupeau, pour plein de raisons plus ou moins compréhensibles selon les cas et les situations (et tant pis pour toutes les victimes collatérales qui fabriquent nos gadgets et se récupèrent nos poubelles dans de lointaines contrées peuplées de gens qui n’ont pas su atteindre notre degré de civilisation).</p>

<p>L’option 2, négocier avec le réel, est illustrée par tous ces doux euphémismes et oxymores marketing, comme le développement durable, la transition énergétique, le capitalisme vert, le Green New Deal, l’écologie de production [sic] ou encore le découplage (entre croissance exponentielle infinie et dévastation). Ou dans sa version de gauche : interdisons les jets privés, taxons les milliardaires et nationalisons les moyens de pollution et on pourra vivre notre meilleure vie.</p>

<p>L’option 3, white patriarchal power, c’est plutôt crever que de renoncer à notre exception culturelle (nos privilèges d’hommes blancs placés au sommet de la « pyramide de l’évolution » ou de la création, selon les versions).</p>

<p>Quant à l’option 4, dire oups, désolé, on a merdé, et revenir dans les clous planétaires, la seule option qui permettrait de survivre dans des conditions encore supportables ou de survivre tout court, elle n’est même pas envisageable ni envisagée, bien qu’elle soit pratiquée à la marge, dans les interstices, en loucedé, par quelques éco-anarchistes et autres baba-cools plus ou moins <a href="https://sknob.fr/music/?zinzin" rel="nofollow">zinzins</a>.</p>

<p>Pourtant, la réalité est têtue :</p>
<ul><li>« La nature » produit des trucs utiles comme de l’air, de l’eau, de la bouffe et des matières premières, mais elle prend son temps.</li>
<li>Nous on prélève ces richesses à un rythme industriel que « la nature » ne peut plus suivre, puisqu’elle refuse contre vents et marées de modifier ses lois et d’accélérer ses cadences pour s’adapter à la demande.</li>
<li>Ensuite, on excrète des déchets à un rythme et dans des proportions qui dépassent ce que « la nature » est capable d’encaisser, absorber, digérer, métaboliser, composter, etc., du moins dans des délais raisonnables à l’échelle des vies humaines.</li></ul>

<p>On se retrouve donc avec des pénuries et des déserts en amont et des pollutions et des effets de bord indésirables comme le réchauffement climatique en aval, phénomènes qui parmi d’autres inconvénients menacent toute la chaîne alimentaire.</p>

<p>Si on voulait sortir de cette <a href="https://sknob.fr/music/?spiral" rel="nofollow">spirale</a> infernale :</p>
<ul><li>On serait obligé·e·s de prélever moins et moins vite, et de produire moins de déchets et moins vite.</li>
<li>On ne pourrait donc plus fabriquer ni consommer ni jeter les neuf dixièmes de tout ce qu’on fabrique et qu’on consomme et qu’on jette.</li>
<li>Et on serait donc toustes obligé·e·s de vivre grosso-merdo comme les éco-anarchistes et autres baba-cools plus ou moins zinzins sus-mentionnés.</li></ul>

<p>L’ironie étant que si on ne le fait pas, on finira par épuiser nos ressources, ou les riches monopoliseront celles qui restent, et on sera donc toustes obligé·e·s de vivre grosso-merdo comme les éco-anarchistes et autres baba-cools plus ou moins zinzins sus-mentionnés, mais sous terre ou en scaphandre cette fois.</p>

<p>Malgré cette faillite totale du modèle occidental néolibéral qui hésite encore un peu entre négociation avec les lois de la nature et suicide sabre au clair, la gauche est inaudible.</p>

<p>Peut-être parce qu’on ne comprend rien à ce qu’elle dit ou ce qu’elle veut :</p>

<p>« Il faut revenir dans les limites planétaires, et on vivra dans ces limites planétaires quand on aura démantelé le moteur à explosion des limites planétaires, mais en attendant, ça ne sert à rien <del>de faire pipi sous la douche</del> d’essayer de vivre dans les limites planétaires. »</p>

<p>« On arrêtera de consommer (n’importe quoi n’importe comment) quand on aura abattu la société de consommation. »</p>

<p>« On arrêtera de faire des trucs nuisibles <a href="compromis" rel="nofollow">qu’on pourrait très bien arrêter de faire maintenant</a> quand nos chefs auront été élus et prendront des mesures de gauche qui nous dissuaderont ou nous empêcheront de les faire. »</p>

<p>En tout cas moi c’est comme ça que j’entends et que je comprends ce qu’elle dit, et je soupçonne que je ne suis pas le seul.</p>

<p>Mais bien que l’on taxe souvent la gauche d’hypocrisie, je me demande si ce ne serait pas en fait une fausse piste.</p>

<p>Peut-être que si la gauche ne sait plus où elle habite, c’est parce qu’elle est tout autant le produit de l’occident lumineux et civilisé à vocation universelle et aux fondations patriarcales, coloniales, racistes, validistes, spécistes, extractivistes, prédatrices que la droite, et qu’elle refuse obstinément de déconstruire cet héritage encombrant. Pour éventuellement y renoncer. Puis faire ou ne pas faire ce qu’il faudrait faire ou ne pas faire par simple éthique, et pas seulement par obligation ou pour tenter d’éviter la catastrophe.</p>

<p>C’est l’hypothèse que je vous soumets en tout cas.</p>

<p>En attendant de <a href="https://mamot.fr/@sknob/112546220874390121" rel="nofollow">savoir ce que vous en pensez</a>, la prochaine canicule et que la gauche déconstruise son héritage illuminé, je retourne à mon <a href="/sknob/tag:oisivet%C3%A9Radicale" class="hashtag" rel="nofollow"><span>#</span><span class="p-category">oisivetéRadicale</span></a> d’éco-anarchiste <em>embeddé</em> chez les baba-cools plus ou moins zinzins.</p>

<p>Traduction : je vais faire une petite sieste.</p>

<hr>
<ol><li><em>En illimité</em></li>
<li><a href="compromis" rel="nofollow">Compromis</a></li>
<li><a href="quest-ce-que-loisivete-radicale" rel="nofollow">Qu’est-ce que l’oisiveté radicale ? La réponse va vous étonner !</a></li>
<li><a href="oisivete-radicale-de-confort" rel="nofollow">Oisiveté radicale de confort ?</a></li></ol>
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      <guid>https://noblogo.org/sknob/en-illimite</guid>
      <pubDate>Thu, 30 May 2024 06:31:15 +0000</pubDate>
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