viewPoème / Mon anatomie
Mes mots résonnent sur les murs des villes où je passe ;
Pas de pièces rapportées mais le détail d'une structure ;
D'un pseudo de contrebande dans une impasse,
Jusqu'à la lumière qui traverse toutes les ouvertures.
Où que j'aille un drapeau me suit comme un souvenir,
Je connais la trahison de l'argile et la volonté de l'acier.
J'oscille sans cesse entre angle mort et ligne de mire,
Entre le maquis impénétrable et une clairière exposée.
J'ai essayé pourtant de rentrer dans le système !
Mais lorsqu'on me jette dehors je prends le large,
Et depuis mon exil, je me suis fait moi-même capitaine !
Là où je suis je construis des citadelles dans la marge...
Looping, 13 et 18 juin 2026
viewPoème / Mon auto nomie
Entre le carrossage qui me permet de mordre la courbure,
Et le moyeu, centre immobile autour duquel tout s'accélère,
Je roule ou bon me semble, de toute mon envergure,
Sur l'asphalte qui, en défilant derrière moi me libère.
Cette liberté entre mes mains, je la laisse sur mon sillage.
Je connais le vrai bonheur grâce à ce fier châssis :
Mon cap est mon horizon, ma direction est mon voyage,
Le monde défile autour de moi qui reste assis !
Sur mon trône mobile, la rue se soulève pour moi.
Depuis le mouvement de ma main, qui transmet l'énergie
Jusqu'aux fourches, c'est moi qui ouvre le convoi :
Mon fauteuil roulant est mon royaume, le monde son parvis !
Looping 3 et 4 juin 2026
viewEpigraphe / Ulysse
Venez mes amis
Il n’est pas trop tard pour partir en quête
D’un monde nouveau
Car j’ai toujours le propos
De voguer au-delà du soleil couchant
Et si nous avons perdu cette force
Qui autrefois remuait la terre et le ciel,
Ce que nous sommes, nous le sommes,
Des coeurs héroïques et d’une même trempe
Affaiblis par le temps et le destin,
Mais forts par la volonté
De chercher, lutter, trouver, et de ne rien céder. »
Alfred Tennyson, Ulysse, extrait.
viewPoème / Camarade
Il se dégage de moi une impression de liberté,
Et d'elle une tension intense et tenace
Qui abolit les distances, d'une grande légèreté
Et pourtant d'une incroyable classe.
Nous partageons la même courbure de nos cœurs,
Et nos cheveux sont traversés des mêmes sillages.
Nous partageons le vertige des maraudeurs,
Et la clandestinité entre deux enfantillages.
Complices dans l'ombre comme au soleil
En accordant nos mots sur les murs.
A ce que nous sommes, au monde pareil :
Dans l'ici et le maintenant taguant No Future !
Looping 21 et 22 mai 2026
viewPoème / Un soleil à fleur de peau
Je suis a peine tombé, sans courage
Le maître “Kilo” qui se dresse en mur
Les canards s'envolent des que l'orage
Et les cannes se brisent au fur et à mesure
L'espoir ; un volcan qu'on réveille, épuisé
Et voila, l'amour a brûlé mes larmes
La musique de ma main n'est pas grisé
Et la vie a découvrir pleine de charmes
L'exaltation me pousse, et je tiens la hampe
La baleine me fait plus mal que le coeur
Tomber depuis, divers, les tristes et les terribles rampent
Et nous marchons ensembles quelques heures
Désormais, un soleil a fleur de peau
La terre gronde, les vêtements hurlent a en crever
Vingt ans que mon cœur a Cinq ans, et en cadeau
Je ne cherche qu’à me relever.
Looping, 2007
viewPoème / J'ai oublié
J'ai oublié le son de ta voix, la couleur de tes yeux
J'ai oublié jusqu'aux contours de ton corps
Je ne pourrais pas te dire que tout vas pour le mieux
Mais il me reste un arrière-goût encore...
Ou est ce que j'ai bien pu mettre tout ces souvenirs,
Des poèmes naïfs, et des espoirs hallucinés ?
En tout cas, pour le peu qu'il reste, a l'avenir,
Il me faudra tous les assassiner...
Comme une bouteille à la mer,
Tes mots, le sables et l'eau m'ont blessé.
Je garderais toujours quelques choses, l'amer,
Et partout, notre premier baiser
Looping
viewÉpigraphe / INVICTUS
Dans la nuit qui m’enserre,
Dans les ténèbres qui me noient,
Je loue les dieux quoiqu'ils soient
Pour mon âme, à la fois noble et fière.
Dans l'étreinte féroce des circonstances
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Sous les coups de l’existence,
Je suis debout bien que blessé.
En ce monde de colère et de pleurs
Se profile l’ombre du néant
Et pourtant la menace des ans
Me trouve et me trouvera, sans peur
Peu importe l'étroitesse du chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.
William Ernest Henley 1875
Traduction par Looping
viewPoème / Je ne voulais pas
Violent et fragile à la fois, mais vivant.
D’un profond bleu mystique de ses yeux,
Un plaisir clandestin pour le levant.
En réponse au sanglot, un écho délicieux,
Après un passage à chercher les couleurs
D’une histoire à faire pleurer les corbeaux.
Jusqu'à la lumière d’un soleil de 14 heures
Pour sans trembler, effleurer des corps beaux
Mes forces s’évaporaient sous la chaleur
Des flammes de ce modèle, précieux.
Sans rien se promettre ni ici ni ailleurs ;
Je ne voulais pas t’aimer, Yseult.
Looping, mai 2020
viewPoème / sans titre
Les orateurs se taisent, les politiques abandonnent
Accablés par la longueur de ce qui advint
De l'étreinte ou la terre tout entière frisonne
Une chaleur incertaine jusqu’au bout du chagrin
Alors qu’il ne reste rien d’autre que moi qui proclame
Qu’il faut faire danser les abysses quelquefois,
Qui ne peuvent contenir ni sacrifice ni flammes,
Il n'y a pas que les cendres pour se souvenir de toi.
Pour Valérie, pour Berthe.
06/01/2020
viewPoème / Quand je ne pense à rien
Je ne sais si j’aurais la force d’atteindre
La faible et timide lueur qui vacille au loin
J’ai peur que mon souffle ne puisse l’éteindre
Mais mon coeur est sur le départ néanmoins
Est si mon aspiration n’était qu’un revers ?
Que m’importe de me perdre corps et bien
Et même si le choc est brutal et sévère
La chute sera un délicieux vertige aérien
Il me faut fendre l'armure pour profiter de chaque coup
Une nouvelle blessure s’ajoute à mon imaginaire
Petite flamme pourra me réchauffer beaucoup
Même si je crains qu’elle ne soit qu’une chimère
Tout se passe comme si tout n'était qu’un mirage
De loin en loin je garde mon coeur a fleur de peau
Je n’ai véritablement d’elle qu’une seule image
Et pourtant, cela suffit à mon coeur d’artichaud
Alors qu’elle s’est éloigné dans un pays sage
Il me faut faire taire cette douleur si cruelle
Et si je cherche ses couleurs dans le moindre paysage
Quand je ne pense à rien, je ne pense qu'à elle
Pour Lola
31/07/18 – 03/07/18