L'arbre du Ténéré

Un manuscrit de Looping

Epigraphe / Ulysse

Venez mes amis Il n’est pas trop tard pour partir en quête D’un monde nouveau Car j’ai toujours le propos De voguer au-delà du soleil couchant Et si nous avons perdu cette force Qui autrefois remuait la terre et le ciel, Ce que nous sommes, nous le sommes, Des coeurs héroïques et d’une même trempe Affaiblis par le temps et le destin, Mais forts par la volonté De chercher, lutter, trouver, et de ne rien céder. »

Alfred Tennyson, Ulysse, extrait.

Poème / Camarade

Il se dégage de moi une impression de liberté, Et d'elle une tension intense et tenace Qui abolit les distances, d'une grande légèreté Et pourtant d'une incroyable classe.

Nous partageons la même courbure de nos cœurs, Et nos cheveux sont traversés des mêmes sillages. Nous partageons le vertige des maraudeurs, Et la clandestinité entre deux enfantillages.

Complices dans l'ombre comme au soleil En accordant nos mots sur les murs. A ce que nous sommes, au monde pareil : Dans l'ici et le maintenant taguant No Future !

Looping 21 et 22 mai 2026

Poème / Un soleil à fleur de peau

Je suis a peine tombé, sans courage Le maître “Kilo” qui se dresse en mur Les canards s'envolent des que l'orage Et les cannes se brisent au fur et à mesure

L'espoir ; un volcan qu'on réveille, épuisé Et voila, l'amour a brûlé mes larmes La musique de ma main n'est pas grisé Et la vie a découvrir pleine de charmes

L'exaltation me pousse, et je tiens la hampe La baleine me fait plus mal que le coeur Tomber depuis, divers, les tristes et les terribles rampent Et nous marchons ensembles quelques heures

Désormais, un soleil a fleur de peau La terre gronde, les vêtements hurlent a en crever Vingt ans que mon cœur a Cinq ans, et en cadeau Je ne cherche qu’à me relever.

Looping, 2007

Poème / J'ai oublié

J'ai oublié le son de ta voix, la couleur de tes yeux J'ai oublié jusqu'aux contours de ton corps Je ne pourrais pas te dire que tout vas pour le mieux Mais il me reste un arrière-goût encore...

Ou est ce que j'ai bien pu mettre tout ces souvenirs, Des poèmes naïfs, et des espoirs hallucinés ? En tout cas, pour le peu qu'il reste, a l'avenir, Il me faudra tous les assassiner...

Comme une bouteille à la mer, Tes mots, le sables et l'eau m'ont blessé. Je garderais toujours quelques choses, l'amer, Et partout, notre premier baiser

Looping

Épigraphe / INVICTUS

Dans la nuit qui m’enserre, Dans les ténèbres qui me noient, Je loue les dieux quoiqu'ils soient Pour mon âme, à la fois noble et fière.

Dans l'étreinte féroce des circonstances Je n’ai ni gémi ni pleuré, Sous les coups de l’existence, Je suis debout bien que blessé.

En ce monde de colère et de pleurs Se profile l’ombre du néant Et pourtant la menace des ans Me trouve et me trouvera, sans peur

Peu importe l'étroitesse du chemin, Nombreux les châtiments infâmes, Je suis le maître de mon destin, Je suis le capitaine de mon âme.

William Ernest Henley 1875 Traduction par Looping

Poème / Je ne voulais pas

Violent et fragile à la fois, mais vivant. D’un profond bleu mystique de ses yeux, Un plaisir clandestin pour le levant. En réponse au sanglot, un écho délicieux,

Après un passage à chercher les couleurs D’une histoire à faire pleurer les corbeaux. Jusqu'à la lumière d’un soleil de 14 heures Pour sans trembler, effleurer des corps beaux

Mes forces s’évaporaient sous la chaleur Des flammes de ce modèle, précieux. Sans rien se promettre ni ici ni ailleurs ; Je ne voulais pas t’aimer, Yseult.

Looping, mai 2020

Poème / sans titre

Les orateurs se taisent, les politiques abandonnent Accablés par la longueur de ce qui advint De l'étreinte ou la terre tout entière frisonne Une chaleur incertaine jusqu’au bout du chagrin

Alors qu’il ne reste rien d’autre que moi qui proclame Qu’il faut faire danser les abysses quelquefois, Qui ne peuvent contenir ni sacrifice ni flammes, Il n'y a pas que les cendres pour se souvenir de toi.

Pour Valérie, pour Berthe.

06/01/2020

Poème / Quand je ne pense à rien

Je ne sais si j’aurais la force d’atteindre La faible et timide lueur qui vacille au loin J’ai peur que mon souffle ne puisse l’éteindre Mais mon coeur est sur le départ néanmoins

Est si mon aspiration n’était qu’un revers ? Que m’importe de me perdre corps et bien Et même si le choc est brutal et sévère La chute sera un délicieux vertige aérien

Il me faut fendre l'armure pour profiter de chaque coup Une nouvelle blessure s’ajoute à mon imaginaire Petite flamme pourra me réchauffer beaucoup Même si je crains qu’elle ne soit qu’une chimère

Tout se passe comme si tout n'était qu’un mirage De loin en loin je garde mon coeur a fleur de peau Je n’ai véritablement d’elle qu’une seule image Et pourtant, cela suffit à mon coeur d’artichaud

Alors qu’elle s’est éloigné dans un pays sage Il me faut faire taire cette douleur si cruelle Et si je cherche ses couleurs dans le moindre paysage Quand je ne pense à rien, je ne pense qu'à elle

Pour Lola

31/07/18 – 03/07/18

Poeme / Un nouveau printemps

Il fera beau, et les récoltes seront gorgées de soleil ! Quand la paix rayonnera dans tous les cœurs, Et la vie sera douce et tendre comme du miel, La victoire sera à tous quand il n'y aura pas de vainqueur.

Les jours seront moins courts, les nuits plus brèves, Ça sentira le printemps, le bonheur sans préavis. La liberté et l'égalité ne seront plus des rêves, Assourdis des seuls bruits des clameurs de la vie.

Il fera beau ce jour-là, surtout dans nos têtes ! Une toute nouvelle histoire commencera Quand la paix sera notre unique conquête : Il fera beau, le jour où Palestine vivra !

Looping, le samedi 29 mars 2025 15h48, ecrit en manifestation pour Gaza.

Inspiré par les derniers mots de Hossam Shabat 10/10/01 – 24/03/25.

“Si vous lisez ceci, cela veut dire que j'ai été tué, très probablement pris pour cible, par les forces d'occupation israéliennes. Quand tout à commencé, je n'avais que 21 ans, un étudiant avec des rêves comme tout le monde. J'ai documenté les horreurs dans le nord de Gaza, déterminé à montrer au monde la vérité qu'ils ont essayé d'enterrer. J'ai dormi sur les trottoirs, dans les écoles, dans les tentes, partout où je pouvais. Chaque jour était une bataille pour la survie. j'ai enduré la faim pendant des mois, mais je n'ai jamais quitté mon peuple. Par Dieu j'ai accompli mon devoir de journaliste. J'ai tout risqué pour rapporter la vérité, et maintenant, je suis enfin en repos, quelque chose que je n'ai pas su faire au cours des 18 derniers mois. J'ai fait tout ça parce que je crois en la cause palestinienne. Ne crois que cette terre est à nous, à ça a été le plus grand honneur de ma vie de mourir en la défendant et en servant mon peuple. Je vous le demande maintenant : n'arrêtez pas de parler de Gaza. Ne laissez pas le monde détourner le regard. Continuer à vous battre, continuer à raconter nos histoires jusqu'à ce que la Palestine soit libre.”

Poème / La ruine des étoiles

Rien ne pousse sur un champ de ruine ! Que des cendres et de la poussière ; Ni arbre ni racine, ni fleur ni brindille ; Que désolation et bruits de bottes d'hier…

Parce que face à la certitude de la mort, Il n'y a plus que les moyens justifiés par la faim. Pendant que l'occident tout entier commémore, Il bredouille des mots vides de sens sans fin.

A peine chercher ses morts dans les décombres, Coincé entre violence, silence et désespoir. Droit international et droits humains s'effondrent, Sous la menace de l'Étoile bleue sur chemise noire.

Looping, 29-30 janvier 2025.