Poème / L'horloge
Alors que chaque chose est un murmure, Souviens toi que le temps est un joueur parasite Qui gagne sans tricher, à coup sûr ! Chaque montre est notre propre Tempus fugit.
Masse oscillante, balancier et contre poids. 86 400 fois par jour, ces merveilles d'ingénierie Chuchotent doucement : “souviens-toi !”. Chaque montre est notre propre Memento Mori.
Tantôt sonnera notre heure dernière ! Alors profitons, avant la fin de ce poème, Des engrenages jusqu'aux impulsions toutes entières ! Chaque montre est notre propre Carpe Diem.
Looping, 25 Juillet 2026.
Réponse à Baudelaire.
L’horloge de Charles Baudelaire.
Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible, Dont le doigt nous menace et nous dit : » Souviens-toi ! Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi Se planteront bientôt comme dans une cible,
Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ; Chaque instant te dévore un morceau du délice A chaque homme accordé pour toute sa saison.
Trois mille six cents fois par heure, la Seconde Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide, avec sa voix D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois, Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !
Remember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor ! (Mon gosier de métal parle toutes les langues.) Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi. Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi ! Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard, Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge, Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !), Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! »